18 ETABLISSEMENS ET TRAVAUX
pr un équatorial. Un jeune artiste plein de zèle se proposait deMÉMOIRE, l’entreprendre, mais il avait besoin auparavant d’essayerencore ses forces.
Telle était notre situation à la fin d’août 1786. Il n’y avaitpas encore dix-huit mois cpie notre atelier était monté , etnous pouvions déjà nous féliciter d’avoir rempli ce courtespace de temspar des travaux nombreux et des essais heureux ;pleins d’un nouveau zèle, nous étions bien éloignés de prévoirles obstacles tout prêts à s’élever, et d’apercevoir cette longuesérie de contradictions qui allaient retarder notre marche,fatiguer notre courage , et finir par envelopper nous et nosprojets dans cette destruction générale qui n’a épargné ni leshommes , ni les choses, et qui, sur les débris du bien , a faitsi long-tems régner le mal ou plutôt le néant.
J’avais espéré que dans la restauration générale du batimentde l’Observatoire il serait possible de conserver mon atelierplacé au second étage de la tour occidentale : mais un examenplus scrupuleux de l’état des voûtes supérieures, fit connaîtrequ’il n’y en avait pas une seule qui pût être conservée ; leurdémolition générale fut donc arretée , ce qui nécessita dedéloger l’atelier et de suspendre pour quelque tems nos cons-tructions préparatoires. A la vérité notre fonderie se trouvantisolée du batiment , nous étions libres de nous occuper de lafonte du grand mural ; mais un nouveau eontre-tems, plusgrave encore que le premier, vint jeter un moment le troubleet le découragement au milieu de nos entreprises. Le chef denotre atelier disparut tout à coup, sans que je pusse savoir d’a-bord ce qu’il était devenu, ni deviner les motifs de son départ.J’appris par la suite que ses affaires étant en fort mauvaisétat lors de son entrée à l’Observatoire, il avait espéré trouverauprès de moi certaines facilités pour les rétablir prompte-ment; mais qu’ayant reconnu, ainsi qu’il s’en était plaint,