FAITS A L’OBSERVATOIRE ROYAL. ig
que j’étais encore plus économe des deniers du Roi que des jermiens propres, il avait pris le parti de chercher des ressources MÉMOIRE,ailleurs et en pays étranger (r).
Cette défection, au reste, me devint moins sensible dans cemoment, où je me trouvais forcé de suspendre mes travaux.
Je ne désespérai pas de pouvoir à leur reprise remplacer monchef d’atelier. Mais bientôt une nouvelle circonstance me fîtnaître de nouvelles idées et concevoir d’autres projets.
S. M. Britannique, sur une proposition qui lui avait étéfaite anciennement par mon père ( 2 ) , avait ordonné d’exé-cuter en Angleterre les mêmes travaux géographiques quenous avions faits en France , et de former entre les deuxméridiennes de Londres et de Paris une suite de trianglesqui liât les îles Britanniques au Continent, et l’Angleterre àla France .
Cette opération devait naturellement se faire par le con-cours de plusieurs savans des deux nations. Je fus du nombredes Français (3) qui furent nommés pour opérer la jonction.
Ma satisfaction fut extrême en songeant au parti que je pour-rais tirer d’un occasion si favorable à mes vues dans unnouveau plan que j’eus bientôt formé , et dont je ne tardaipas k faire part au ministre.
<I) Je m’étais toujours tenu sur mes gardes , ayant soin que tous les ouvriersqui travaillaient à l’atelier fussent régulièrement payés toutes les semaines j je nedélivrais de l’argent au chef que proportionnellement à l’avancement des travaux,et à la valeur des pièces qui se terminaient. On se rappelle d’ailleurs la précautionque j’avais prise du cautionnement. Aussi le ministre, en partageant mes regrets,ne put qu’approuver ma conduite et ma gestion.
(2) Voyez : Exposé des opérations faites en France en 1787 pour la jonctiondes Observatoires de Paris et de Greenwich , Introduction , page XII.
(3) MM. Mécliaiu et Legendre me furent adjoints.