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LTABLISSEMENS ET TRAVAUX
pr Ma commission, lui dis-je, doit nécessairement me conduire
MÉMOIRE, à Londres ; il faut même qu’elle soit pour moi un prétextespécieux pour y aller , et me procurer tous les avantages queje me propose de recueillir dans ce voyage : si vous daigne/,m’autoriser et me seconder , j’irai voir ces superbes ins-* trumens anglais , examiner ces chefs-d’œuvre de l’art, et cesmodèles (pie notre première ambition est d’imiter en France .Que ne puis-je mener avec moi nos meilleurs artistes quid’un conp-d’œil sauraient bien mieux saisir les perfections, lesinventions et les leçons que peut offrir l’examen de ces bellesmachines ! Mais s’il y a un moment favorable de mettre àexécution ce que je vous ai précédemment proposé , c’estcelui-ci. J’aurai occasion de voir et de cultiver les Dollond ,les Strougton, les Ramsden ; je m’attacherai sur-tout à capterla bienveillance de ce dernier, et je ne désespère pas d’obtenirde lui la permission d’envoyer deux ou trois de nos artistesse former à son école et dans ses ateliers. Voilà nos travauxsuspendus ; d’ici à quelques années nous ne pourrons guère lesreprendre. Je n’ai plus de chef d’atelier , il faut tâcher d’enformer un dans cet intervalle ; et ce n’est qu’à Londres qu’ilpourra suffisamment s’instruire à la vue des bons modèles etparles leçons des grands maîtres. Autorisez-moi à commanderquelqu’instrument à M. Ramsden; sans doute il sera flattéde travailler pour l’Observatoire royal de Paris , où il n’ya encore aucun de ses ouvrages ; son amour-propre et sonintérêt le disposeront en notre faveur, et iln’en écoutera cpiemieux la proposition que je lui ferai alors d’envoyer deuxouvriers dans son atelier pour suivre la construction de l’ins-trument commandé. Ne poussons pas trop loin , ajoutai-je ,cet orgueil national qui voudrait ne voir à l'Observatoire de Paris que des instrumens faits en France . Cela pourra avoirlieu un jour; mais , quant à présent, la raison, le bien de la