FAITS A L’OBSERVATOIRE ROYAL. 21
chose, et l’intérêt de la science nous conseillent de nousprocurer ce qu’il y a de meilleur , ne fut-ce que pour nousservir par la suite de types et de modèles.
M. le baron de Breteuil goûta fort mes raisonneinens etma proposition. Je fus donc chargé de commander àM. Ramsden une lunette des passages de sept pieds sem-blable h celle qu’il avait exécutée pour l’Observatoire dePalerme , instrument précieux et capital qui avait acquis entreses mains le dernier degré de la perfection. On s’en remitd’ailleurs à moi pour la négociation de la réception des artistesdans les ateliers de Londres .
Il est une jalousie qu’on ne cherche point à désavouer lors-qu’elle n’est autre chose qu’un sentiment d’émulation entredes hommes instruits qui cherchent à se surpasser dans lacarrière de la gloire : il est des larcins qui ne sont point hon-teux , quand ils 11’ont pour objet que de s’emparer deslumières et des découvertes d’autrui pour en faire profiter lesarts et les sciences , pour accélérer leurs progrès. J’avoueraidonc, sans rougir , que fort jaloux de la supériorité de nosvoisins dans la construction des instrumens d’astronomie , jene me proposai d’autre but dans mon voyage en Angleterreque d’y ravir tout ce dont je pourrais profiter en lumières, enconnaissances et en inventions relatives à mon objet. C’estdans cet esprit que je demandai encore au ministre la per-mission de mener avec moi un de nos meilleurs opticiens ,sous prétexte de veiller a la conservation et aux réparationsaccidentelles du cercle répétiteur que j’emportais pour lamesure des angles , mais au fond pour le mettre à même deprendre une connaissance particulière et détaillée de cesfameux télescopes qui ont porté les regards de M. Ilerschelldans les régions les plus reculées du ciel, et sa réputation danstous les points du monde savant. M. Carrocliez avait déjà
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MÉMOIRE.