FAITS A L’OBSERVATOIRE ROYAL. z 3
premier artiste de l’Europe ; je me rendis à Londres bienempressé d’aller trouver celui que j’avais tant de désir de con-naître et d’intéresser à mes projets.
Je dois l’avouer ici, quelque grande que fût l’opinion quej’avais d’avance du mérite et des talens de M. Ramsden , kpeine l’eus-je fréquenté quelques jours, k peine dans deux outrois conversations eus-je vu se développer ses connaissancesétendues et ses vues profondes, que tout confus et presquedécouragé , je reconnus que malgré tous nos efforts nousn’aurions jamais en France un artiste aussi consommé ; touterivalité, toute comjiaraison me parurent désormais impossiblesvis-k-vis d’un si grand talent. ■
En effet, je doute encore qu’il puisse exister un homme quipossède davantage la connaissance, de son art et de ses res-sources, qui sache plus adroitement en vaincre les difficultés ,dont le génie dirige mieux la main et dont la main secondemieux le génie. J’ajouterai qu’il serait également difficile detrouver un savant plus instruit dans la théorie des diversesparties de l’art; géomètre, astronome , mécanicien , opticien,physicien , M. Ramsden était tout ce qu’il fallait être pours’élever et planer au-dessus de tous les artistes ses prédéces-seurs et ses contemporains. Sa conversation croissait toujoursd’intérêt par la nouveauté de ses idées et la finesse de sesaperçus ; il répondait à toute question , résolvait toute diffi-culté, et vous portait toujours au-delà du but où vous désiriezd’arriver. Sortant un jour d’un de ces entretiens où j’aimais tantk m’engager avec lui et k m’instruire, je dis k un étranger nonmoins enthousiasmé que moi du mérite de M. Ramsden :En vérité, cet homme est une machine électrique qu’il suffitde toucher pour en tirer une étincelle. Rien de plus juste quevotre comparaison , reprit vivement l’étranger , car vouspourriez fort bien ici ne tirer que des étincelles. Sachez,
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MÉMOIRE.