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Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
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DE LA CARTE DE FRANCE .

où chacun se croyait souverain, où le pouvoir suprême était y «

disputé partout, n’existait nulle part, et ne se fixait cpie dans MÉMOIREles mains de celui qui savait s’en emparer pour le moment :mais ce qu’on aura peine à croire, c’est que la Conventionelle-même eut l’impoli tique de prononcer en faveur des com-missaires de la trésorerie qui s’étaient mêlés de ce qui ne lesregardait pas, et contre l’avis du ministre de la guerre quiavait été spécialement chargé de l’examen et de la négociationde l’affaire. Le décret, modèle d’une confusion inouie detoute idée et de tout principe, fut rendu le io mai 1794.

Nous ne nous permettrons pas ici de le discuter, car il nousserait impossible d’en mieux démontrer l’iniquité que ne l’afait trois années après une commission spéciale chargée cl’unnouvel examen de cette affaire ; nous nous en référons entiè-rement à son rapport, que nous avons fait réimprimer parmiles pièces justificatives ( N° Xlll ) qui composent la secondepartie de cet ouvrage. On y trouvera un récit exact et fidèle,une discussion juridique et impartiale devant le Conseil desCinq-Cents, de toute l’affaire de la carte de France , quinous dispensent d’y rien ajouter. Nous allons donc nousborner désormais à faire l’exposé simple et rapide des faitsqui ont eu lieu depuis ce moment jusqu’à l’entière conclu-sion (le nos longs débats.

Le décret du 10 mai 1794 fut pour nous un de ces coupsde foudre dont l’éclat et le fracas portent au loin et long-tems après eux la terreur et le silence. Notre premier ingé-nieur cessa prudemment toute poursuite; je n’avais garded’en faire dans ma prison. 11 11e fut donc plus question pen-dant un an de la carte de la France . Les ravisseurs en res-tèrent paisibles possesseurs, c’est ce qu’ils demandaient.

Lorsque je sortis de détention après le 9 thermidor, je fusinformé de tout ce qui s’était passé relativement à notre