VIE
a5G
précepteur pour m’instruire dans les lettres ; mais ayantl)ientôt reconnu que cet homme n’était guère capable de mefaire faire de grands progrès et de seconder les heureuses dis-positions que j’annonçais, il m’enVoya à Fallebonne, sous ladiscipline de J. F. Aprosio , docteur en droit et rhéteurfort habile. Je demeurai deux ans il Fallebonne. Au bout dece lems, je partis pour Gênes 3 et j’entrai au collège desJésuites, sous le père Caselli, qui fut depuis missionnaireaux Indes Orientales.
Ayant entendu dans l’église de Saint-Ambroise un panégy-rique de Saint-François Xavier , j’en traduisis les plus beauxmorceaux en vers latins-; ce qui me mérita d’ètre nommé leprince des poètes de ma classe, conjointement avec un autreécolier dont le père avait une grande autorité dans la Répu blique ; mais, m’étant brouillé avec ce jeune homme, jeperdis ma dignité.
Je passai en rhétorique sous le père Alberti, connu parses ouvrages. Ce régent, me voyant quelques dispositionspour la poésie , m’exerça à faire des vers sur le voyage desMages à Jérusalem et à Bethléem , ainsi que sur les préro-gatives de la ville de Gênes.
J’étudiai ensuite la philosophie et la théologie sous le pèreGhiringuelli: mais en même teins, j’allais quelquefois entendreaux Dominicains le père Gentils, et aux Théatins le pèreDadiesss, qui professaient la même classe. l es principes dupère Gentile étaient conformes à ceux de Saint-Thomas, etdifféraient en quelque sorte de ceux de Snarès de Fasqlies ,et d’autres jésuites que j’avais étudiés. Comme en argumen-tant, je cherchais toujours à soutenir les opinions de ces pre-miers maîtres , le père Gentile me conseilla lort de m’en tenirlk, et de ne pas trop m’arrêter à disputer sur de petites dif-férences d’opinions. Je suivis son conseil et me bornai aux