VIE
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publier quelques ordonnances favorables à la fête de la Con-ception, à laquelle il avait une dévotion particulière , niaisque néanmoins il ne jugeait pas devoir la déclarer de foi,comme le père Riccioli le proposait dans le susdit ouvrage,afin de ne pas être dans le cas de condamner le sentimentd’un ordre illustre dans l’église, qui était d’un avis contraire.
Sa Sainteté me parla aussi du goût qu’elle avait eu ancien-nement pour l’astronomie, s’étant amusée à inventer et aconstruire des cadrans solaires portatifs. Elle me dit qu’étantnonce à Bologne , elle avait eu correspondance avec plusieursastronomes. Nous parlâmes du père Reita, et le Pape me racontaà son occasion que n’étant encore que cardinal, le provincialdes Capucins lui ayant un jour envoyé un manuscrit d’un ou-vrage de ce savant, il l’avait renvoyé en y joignant un petitbillet de sa main dans lequel il louait l’ouvrage et exhortaitl’auteur à le publier. Le père Reita eut l’indiscrétion de faireimprimer le billet à la tète de 1 ouvrage : ce qui lui déplutfort, parce que le livre contenait quelques propositions sus-ceptibles de censure. Aussi Sa Sainteté, depuis son exaltationau Saint-Siège , ayant appris que le père Reita venait d’Alle magne à Rome pour la complimenter, avait donné ordrede le retenir à Bologne , où ce père avait tenu des conférencesassez libres qui avaient obligé de le faire passer à Ravenne .
Le plus savant mathématicien que je trouvai à Rome àmon arrivée, était M. Ricci, qui fut depuis cardinal. Le pèreKircher était aussi dans une grande réputation. Il possédaitun très-beau cabinet de physique. J’eus souvent des entre-tiens avec ces deux illustres personnages, où je leur commu-niquais mes spéculations astronomiques, ainsi qu’au pèreSantini, qui avait publié un ouvrage sur les problèmes lesplus difficiles de la géométrie. Pendant ce séjour que jelis à Rome , je présentai à Sa Sainteté un système du