DE J.-D. CASSINÏ.
271
applaudissement. Je fis loger cette compaignie dans la maisondu marquis Malvasia, qui pour lo»rs ét ait a Modène , et toutela noblesse de Bologne vint complimenter mes hôtes.
Je n’eus pas plutôt achevé mes travaux et divers ouvragesà l’occasion de la méridienne de Sainte-Pétrone, que je lusenvoyé parle Sénat de Bologne , avec le marquis Tanara,ambassadeur auprès du pape Alexandre VU, pour régler lesdifférons élevés entre cette Mlle et celle île Ferrare sur lecours du Reno et du Pô. Le père Riccioli m’assura au mo-ment de mon départ que ces différons ne se videraientjamais , vu les intérêts contraires de ces deux villes sur cepoint, d’où dépend la conservation ou la ruine de ces Etats.Il ne vous sera peut-être pas aussi dillicile , ajouta-t-il , d’ob-tenir pour moi du pape la restitution d’un ouvrage que l'in-quisiteur de Bologne me retient depuis long-teins. Je 111echargeai de la commission du père Riccioli et m’en acquittaiavec succès. En effet, à mon arrivée, dès la première audienceque j’eus de Sa Sainteté, je trouvai l’occasion de parler dupère Riccioli ,- car le Pape m’ayant cité son Almageste , je luidis que ce savant jésuite n’excellait pas seulement dans l’as-tronomie, mais qu’il était encore grand théologien; qu’ilavait anciennement composé un ouvrage sur la conception dela sainte Vierge, que lui-même croyait pouvoir regardercomme une de ses meilleures productions ; mais que l’ayantprésenté à l'inquisiteur pour obtenir la permission de le faireimprimer, celui-ci, non-seulement ne la lui avait pas accordée,mais encore avait retenu le manuscrit sans jamais vouloir lerendre. J’ajoutai qu’en conséquence le père Riccioli m’avaitchargé de porter ses représentations à Sa Sainteté, et de laprier de lui faire rendre au moins son ouvrage. Le Saint-Pèreme répondit aussitôt cpie le père Riccioli serait satisfait, etque son livre lui serait rendu. Il ajouta qu'il venait de faire