VIE
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satellite, parce que ce fut le second de ceux qui furentd’abord découverts.
Après que j’eus observé en quelque manière la \itesseapparente de son mouvement particulier, j’invitai l’Académieà venir l’observer. On trouva une petite étoile à l’occidentde Saturne , où j’avais dit que ce satellite devait paraître, etpour lors la compagnie fut satisfaite et commença à calculerla période de sa révolution , par la comparaison de mespremières observations avec cette dernière. Mais je n’en fuspas satisfait, parce que je ne trouvai pas cette étoile assezprécisément à la distance de Saturne quelle devait avoir parmes premières observations ; et quand M. Huguens se hasardade déterminer sa révolution qu’il donna dans un écrit cachetéau secrétaire, je lui dis que nous n’avions pas encore toutesles observations nécessaires pour celte détermination. Tl étaitarrivé à celle planète un accident qu’on n’avait pas encoreobservé dans les autres : c’est qu’elle n’est pas visible danstoutes les parties de sa révolution qui sont à pareille distancede Saturne , ni dans toutes ses révolutions; ce qui peut s’ex-pliquer par des taches placées à sa surface, et par la révolu-tion autour de son axe, par laquelle elle tourne à la terre tantôtla face tachée, tantôt celle qui ne l’est pas, ou à quelqu’autrecause physique qui rend ces endroits du satellite tantôtéclatans comme il arrive aux volcans de la terre, et tantôtsans cet éclat. En effet, ce satellite lit plusieurs révolutionssans paraître, et parut ensuite long-teins. Cette alternative alieu eucore aujourd’hui ; ce qui n’a pas empêché que par lesobservations qu’on en a pu faire, on ait appris la période desa révolution, qui est de 79 jours 22 heures.
Je découvris ensuite en divers autres tems trois autressatellites de Saturne , dont j’ai parlé dans divers Mémoires quej’ai publiés, et dans les registres de l’Académie des Sciences.