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Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
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IMITATION LIBRE, etc.

Suspendus dans les eieux : et par de vains efforts,Gardez-vous d’enfanter quelque nouveau système,Tour nous inconcevable et peu clair pour vous-même.

Des astres lumineux les rayons à nos yeuxDoivent pour arriver traverser deux milieux ;

L’un est l’éther, qui n’offre aucune résistance ;

L’autre est notre atmosphère, et celui-ci plus densePar le rayon heurté, dans ce choc singulier,

Le détourne avec force et l’oblige à plier.

Ainsi j’ai vu cent fois, dessus l’humide plage,

La chaloupe au moment de quitter le rivage ;

Les bras tendus , l’œil fixe , à l’aspect du signalLes rameurs se courbant d’un mouvement égal5Chaque rame à la fois se soulève, retombe,

Et parait se briser en se plongeant dans l’onde.

De la réfraction tel est l’effet trompeur;

Il change des objets la forme et la hauteur.

La lune à l’horizon devient plate, inégale,

Et du soleil couchant la ligure est ovale ;

Tous les astres enfin, bien loin d’être aperçusBrillans dans leurs vrais lieux, paraissent au-dessus;Moins il sont élevés, plus fausse est l’apparence;

A de grandes hauteurs, nulle est la différence;

De là, par un effet heureusement produit,

Le jour devient plus long aux dépens de la nuit.

Ainsi l’illusion, fatale à la science,

Doit toujours sur nos sens nous mettre en défiance :La vérité sans cesse à nos yeux se soustrait,

Si nous ne démêlons l’apparence du vrai.