DU FRAGMENT PRÉCÉDENT.
Dans le sein de la terre, avec tous les métaux,
Se trouvent combinés le feu, l’air et les eaux.
Vit-on, vit-on jamais la brillante étincelle,
Sortant en pétillant du feu qui la recelé,
Vers le plus liant des airs s’élancer comme un trait,Où la matière ignée alors l’attirerait ?
Non : gardons-nous ainsi d’assigner une placeA l’élément fougueux qui franchit tout espace,
Qui répandu partout, partout vivifiant,
Circule en tous les corps en s’y modifiant :
Là, se développant, il dévore, il consume;
Ici près il s’éteint, plus loin il se rallume;
Caché dans les cailloux, il brille dans les airs,
Et son activité remplit tout l’univers.
Bes astres jusqu’à nous si l’on n’admet le vide,
Au moins n’existe-t-il qu’un très-subtil fluide,
Un air raréfié, si clair, si transparent,
Qu’il n’ofl're aucun obstacle aux corps en mouvement,Et laisse un libre cours aux rayons de lumière.Aristote , il est vrai, d’opinion contraire,
Voulait qu’un corps solide emplît le firmament;
Mais qui pourrait admettre un pareil sentiment ?
Chaque étoile au milieu de l’iminensc étendue,Dans le fluide éther, librement suspendue,
Se soutient : c*est ainsi que la terre et ses eaux,
Ses pierres, ses forêts, l’homme, les animaux,Habitans de son sein comme de sa surface,
Vers un centre commun tendent tous par leur masse,Se pressent l’un sur l’autre, et d’invisibles nœudsLes tenant réunis, ils composent entr’euxSous la forme arrondie un grand tout de matièreQui nage enveloppé du liquide atmosphère.
De la même façon concevez tous les corps
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