ÉLOGE DE M. LE GENTIL. 3%
l’école à disputer sur de vains argumens. Il continua sonnouveau cours, et se fit distinguer de son illustre professeurdont il sut mériter les bontés. Un de ses amis lui ayant pro-posé de le mener à l'Observatoire et de le pi’ésenter àMM. Cassini, il saisit avec empressement l’occasion de formerune liaison si profitable à son goût naissant pour la sciencedes astres.
Jacques Cassini , âgé alors de 71 ans, et doyen des astro-nomes de l’Académie , le reçut avec cette aménité, cettebonté patriarchale qui touchent et gagnent si facilement lecœur d’un jeune homme. Le vieillard regardait comme sesenfans tous ceux qui voulaient s’adonner à l’astronomie. Ins-truit des dispositions du jeune Le Gentil, il lui proposa devenir s’exercer à l’Observatoire sous la direction de Cassini de Thury son fils, et de Maraldi son neveu, déjà membresde l’Académie des Sciences. La proposition avait été, pourainsi dire, acceptée d’avance; car on l’avait pressentie, etelle avait été le’but secret de la visite. Le jeune Le Gentil,s’étant montré très-assidu à l’Observatoire, y obtint bientôtun logement, et s’y consacra entièrement à l’étude du ciel.
En peu d’années, le nouvel astronome se rendit familiersl’usage des instrumens, les observations les plus délicates, etles calculs les plus difficiles. Son zèle et ses connaissancesacquises lui ouvrirent les portes de l’Académie des Sciences :il y fut reçu en ij 53 , et justifia bientôt sa nomination par ungrand nombre de Mémoires sur différens points d’astronomiequ’il traita avec beaucop de sagacité. Quelques années après,en 1760, il se présenta une occasion brillante de témoignerun grand zèle et un beau dévouement pour les sciences ;M. Le Gentil ne la laissa point échapper.
L’époque approchait de ce premier passage de Vénus sur lesoleil, si long-tems attendu, et qui devait enfin décider une