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Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
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lassura quil ne fallait que deux mois dans la saison la plusdéfavorable, pour se rendre de lIsle-de-France à la côte deCoromandel. Il sembarqua donc le 11 mais sur la frégatela Sylphide, avec lespérance darriver au plus tard au milieudu mois de mai. Malheureusement, toujours contrariée parles calmes et les folles ventes de la mousson du nord-est,la Sylphide , errant pendant cinq semaines dans les mersdAfrique , dArabie et le long de la côte dAjan, ne se trouvadevant Malié, à la côte de Malabar, que le i(\ mai ;, pourcomble de malheur, on apprit que Malié et même Pondi-chéri venaient de tomber au pouvoir des Anglais . 11 fallut, augrand regret de M. Le Gentil, retourner à toutes voiles àrisle-de-France. Ce ne fut donc que chemin faisant, en pleinemer , et de dessus le pont mal assuré dune mobile frégate ,que notre astronome eut le triste loisir, non dobserver, maisdapercevoir le 6 juin le passage de Vénus sur le soleil ; car ondevine aisément que ce nétait pas dun Observatoire aussipeu solide quon pouvait observer avec la précision requiseun phénomène dont on se proposait de tirer des résultats siimportans. Le beau teins qui régnait ce jour- ne fit quaug-menter les regrets du malheureux astronome, à qui il neresta que la douleur davoir fait inutilement plusieurs milliersde lieues.

Mais non : le simple curieux et le voyageur peu instruit,qui nont quun but, risquent sans doute de perdre souventleurs pas. Il nen est pas de même du savant et de lobserva-teur éclairé qui trouvent en tout tems, en tous lieux, milleoccasions de satisfaire leurs regards, de faire des découverteset de tirer profit de leurs voyages. Il nest jamais pour eux decourses inutiles ni perdues. Cest, dans cette occasion, cequi dut procurer à M. Le Gentil une véritable consolation.

Des observations précieuses sur les vents alisés, sur les