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Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
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DE M. IÆ GENTIL.

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DE M. LE GENTIL. 3Gi

tant pour enflammer le zèle d’un savant qui n’a communé-ment devant les yeux d’autre but que le progrès des sciences,et d’autre récompense cpie des découvertes utiles. M. LeGentil, animé de ces sentirnens, brigua et obtint l'honneurd’être du nombre des voyageurs proposés par l’Académie etnommés par le Gouvernement. L’abbé Chappc fut destinépour la Sibérie ; l’abbé Pingré , pour l ile Rodrigue ; Mason ,pour le Cap de Bonne-Espérance , et Le Gentil, pour P011-dichéri.

Il partit le 26 mars 1760. Il était prudent de s’y prendre debonne heure : un grand éloignement et un long trajet de merexigeaient d’accorder une grande latitude aux évènemens etaux retards qu’on peut éprouver dans un pareil voyage. Latraversée lut très-heureuse jusqu’à l’Isle-de-France oii notreacadémicien arriva le 10 juillet; mais, en descendant à terre,il apprit que la guerre, allumée entre la France et l’Angleterre,ne lui permettrait probablement pas de se rendre à Pondi-cliéri; car on n’avait point encore eu la belle idée de formerce pacte, établi de nos jours, à la faveur duquel le paisiblesavant, ami de tous les hommes, parcourt l’univers et netrouve partout que sûreté, accueil et protection, au milieumême des guerres les plus animées, au travers des combat-tans les plus acharnés à se détruire, et dont il a le bonheurde suspendre un instant les fureurs.

Aucune occasion, aucun bâtiment ne se présentait pourtransporter M. Le Gentil aux Indes. Fort embarrassé desa position, notre académicien eut l’idée de passer à l’ileRodrigue. Il se préparait à y aller faire son établissement,lorsqu’un aviso, arrivé de France vers le milieu de février17G1, avec des ordres très-pressans, donna lieu d’expédiersans délai une frégate pour Pondicliéri. Notre voyageur crutbien faire en saisissant une si belle occasion, d’autant qu’ou

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