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et l’occupation de la plus grande partie du reste de sa vie.Voilà les seules, mais véritables richesses que M. Le Gentilrapporta de ses voyages, pour 11e point démentir tout-à-faitses calomniateurs.
Nous n’entreprendrons point de suivre notre voyageurdans toutes les excursions qu’en attendant le second passagede Vénus, il lit à plusieurs reprises aux îles de France , deBourbon, de Rodrigue et de Madagascar , aux Philippines , àManille et à la cote de Coromandel. Il nous suffira de diresommairement que les nombreux détails qu’il a donnés surces différentes contrées sont du plus grand intérêt et de laplus exacte vérité. Il a beaucoup ajouté aux connaissancesque nous eu avaient données des voyageurs trop peu éclairésou cpii n’y avaient jeté qu’un coup-d’œil superficiel. Enfin, ila étendu ses recherches sur tout ce qui pouvait contribuer àla perfection de la physique, de la navigation et de l’histoire.Niais sur quoi nous appuierons davantage, ce dont les astro-nomes lui doivent savoir plus de gré, c’est la connaissancetoute nouvelle qu’il nous a rapportée du zodiaque des Indienset de l’astronomie des Brames, dont il s’est procuré les tablespour le calcul des éclipses, avec la manière d’en faire usage.
Ce ne fut pas sans beaucoup de patience , de travail etd’adresse, que notre astronome parvint à arracher le secretde ces hommes d’autant plus jaloux de leurs connaissances,qu’ils sont peu capables de les apprécier et d’en faire la com-paraison avec celles des étrangers qu’ils regardent comme designorans. M. Le Gentil s’abaissa jusqu’à devenir pendant plu-sieurs mois l’écolier d’un Brame bouffi d’orgueil, qui 11echerchait, comme les empiriques, qu’à faire parade de sonsavoir, à l’amuser et à le tromper. Il 11e faisait jamais devantlui, qu’avec une promptitude extrême, des opérations dont ilne donnait ni la clé, ni l’explication : mais notre voyageur, à