DE M. LE GENTIL.
ce grand ouvrage que notre académicien charmait ses ennuiset l'impatience qu’il avait de voir arriver le second passage deVénus. Ses calculs lui avaient lait connaître que pour le lieude cette observation , il devait donner la préférence aux Phi lippines ou aux lies Mariannes. Il se rendit à cet effet àManille dès le mois d’août 1766 : mais une lettre qu’il y reçutde France lui ayant appris qu’on trouvait qu’il allait trop loinet cpie l’on désirait qu’il revint à la cote de Coromandel, ilse décida pour Pondichéri , non sans peine, car la beauté duclimat de Manille lui avait inspiré beaucoup de confiancepour le succès de l’observation dans ce lieu. Il arriva à Pon dichéri à la fin de mars 1768, plus d’un an avant l'époque dupassage. Il eut donc tout le loisir de s’y préparer. Rien 11e luimanqua; un Observatoire solide et bien disposé lui procuratoutes les commodités qu’il pouvait désirer : mais, par unefatalité qui semblait le poursuivre, le tems serein, qui avaitrégné tout le mois de mai et s’était prolongé jusqu’au 3 juin1769, cessa le jour même où il en avait le plus besoin. Uncoup de vent s’éleva de très-grand matin, le ciel fut couvertconstamment pendant toute la durée du passage de Vénus ; ils'éclaircit une demi-heure après ; le reste de la journée et lesjours suivans il fît le plus beau tems du monde. Cela eut lieutout le long de la côte , de sorte qu’à Madras les Anglais per-dirent aussi leurs préparatifs. Pour comble de regrets, M. LeGentil apprit bientôt qu’à Manille , qu’il avait quittée presquemalgré lui, le ciel avait été très-favorable. Deux de ses amis,qu’il avait précédemment formés aux observations, et qu’enpartant il avait munis de toutes les instructions nécessaires,avaient parfaitement réussi à observer le passage de Vénus.M. Le Gentil a rapporté dans son ouvrage cette importanteobservation, dont 011 lui est certainement redevable en grandepartie.