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Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
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DE M. LE PRÉSIDENT DE SARON. 3 : g

partisans (le légalité. Ils allèrent même jusquà faire uncrime à lAcadémie des Sciences de conserver une pareilledénomination qui, selon eux, était une tache de son ancienneconstitution. Serions-nous accusés de paradoxe, si nous sou-tenions au contraire que lorgueil du plus grand nombre desacadémiciens devait trouver quelquavantage dans une dis-tinction cpii évitait le mélange et rangeait chacun à sa véri-table place ? Au reste, nous ne nous permettrons plus quedeux remarques à ce sujet ; la première, que les honoraireslurent souvent de la plus grande utilité aux sciences et àlAcadémie, en attirant sur elles lattention et les grâces dusouverain; la seconde, (pie plusieurs dentreux eurent destitres scientifiques capables de soutenir le parallèle avec ceuxdes membres ordinaires; cest ce que nous allons reconnaîtredans la personne de celui dont nous faisons léloge, et quisest rendu si digne dappartenir à lAcadémie comme savant,comme ami des arts quil cultivait lui-même, en un mot,comme un véritable académicien.

Saron, ainsi que nous lavons dit plus haut, fut à peinesorti du collège quil se seutit entraîné par un penchant secretvers létude de la géométrie. En entrant dans le vaste champdes vérités mathématiques, son esprit juste aperçut avec admi-ration cette chaîne continue qui les unit toutes, cette évidenceavec laquelle elles se déduisent les unes des autres, cetteforce mutuelle quelles se prêtent et qui les rend inébran-lables. Il ne fut pas long-tems initié dans la science des géo-mètres sans connaître ce charme quon éprouve à chaque pasdans la poursuite des vérités quelle enseigne, et sans goûtercette jouissance que procure la solution du premier problèmequon parvient à résoudre. Mais ce qui lattacha encore davan-tage à cette étude, cest lusage quil vit que lon pouvait enfaire dans toutes les branches des connaissances humaines ;