378 ÉLOGE
du Parlement de Paris au moment des plus épouvantablesorages , à 1 entrée de la plus grande révolution qu’un Gou-vernement ait jamais éprouvée. Quelle force humaine pour-rait comprimer les convulsions de la nature , les .explosionsdes volcans ? Les révolutions politiques ne sont pas moinsau dessus de la force du plus grand génie; à la vérité, s’il nepeut en arrêter le cours, nous éprouvons au moins qu’il saiten réparer les ravages.
Le président de Saron, disons-le franchement, n’avaitpoint ce caractère imposant, ces qualités physiques et moralesqui, dans les circonstances difficiles , peuvent quelquefoisintimider la révolte et la sédition , prévenir leurs attaques.Cependant, sans avoir les grands moyens nécessaires pour oserengager ou soutenir une lutte terrible et peut-être inutilealors, il eut ce courage tranquille qui voit la tempête etL’attend : il eut l’immobilité du chêne qui courbe sa tête sousl’orage, mais que la foudre seule peut abattre.
Ne nous occupons point encore d’événemens qui nousentraîneraient avec trop de rapidité vers le récit d’une catas-trophe dont nous voudrions pouvoir détourner nos regards ,après lequel nous n’aurions plus la force de poursuivre cetEloge. 11 est tems et il est plus doux pour nous et pour noslecteurs de considérer le président de Saron comme membrede cette illustre compagnie qui, pendant silong-tems, brilladans l’empire des sciences du plus vif éclat, et dont peuventégalement se faire honneur deux siècles si dignes de rivaliser,au moins dans ce genre.
Le président de Saron fut nommé honoraire surnuméraireà l’Académie royale des Sciences en 1779, et deux annéesaprès, il remplit la place vacante par la mort du marquis deCourtanvaux. Ce titre cl’honoraire , il nous en souvient,choqua beaucoup à une certaine époque l’oreille délicate des