Buch 
Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
Entstehung
Seite
388
JPEG-Download
 

388 ÉLOGE

trouvèrent dans la capitale, furent arrêtés le même jour et pres-quà la même heure. On alla chercher M. le président deSaron jusque dans une maison peu distante de Paris ilsétait retiré avec sa famille,' et on le conduisit dans la prisonde la Force le 18 décembre 1793. Quelques jours après, il yvit arriver son gendre et le père de celui-ci. Lun et lautre,au bout dun mois, expirèrent sous ses yeux, de maladie etde chagrin. Le président, plus fort et plus courageux, leursurvécut pour les pleurer et pour être réservé à de plus grandsmalheurs.

La levée des scellés et lexamen des papiers, faits à lhôtelSaron, nayant pas fourni le moindre chef daccusation, ilfallut bien chercher à se procurer au moins quelque prétextede condamnation ; on eut recours au moyen si commode et siusité dans ce tems- contre ceux que lon voulait perdre : onsupposa une conspiration tramée dans un petit village près deBeaumont-sHr-OIst;, et dans laquelle on eut soin denvelopperun fermier des terres de M. de Saron et un de ses valets-de-chambre. Or, le maître de deux conspirateurs ne pouvait êtrelui-même quun conspirateur; cest ainsi qualors on raison-nait devant le peuple, et une ' trop grande partie du peupletouvait ces raisonnemens très-justes. Il fut donc établi danslopinion du public révolutionnaire, que le premier président,ainsi que tous les membres du Parlement, étaient ennemisdéclarés de lEtat et reconnus criminels de lèse-nation. On leproclama dans l'es clubs, on le répéta dans les journaux, etle sort de ces malheureuses victimes fut dès-lors décidé.

Au milieu de ces odieuses manœuvres et de ces clameursqui retentissaient jusquau fond des prisons, quelle était lasituation de M. de Safon? Fort de son innocence, il voyaitsans se troubler lorage se former autour de lui ; mais, en