228
L'ARCHITECTURE DE VIT R U VE.
où se irouvoient les portes des issues. Vitruve dit qu’il faut avancer cette coupure dans les degrés,de la longueur de la sixième partie du diamètre de l’orchestre. Orchestra inter gradus irnos quamdiametron habuerit.
* Par diamètre , on entend littéralement une mesure qui passe par le milieu : ainsi par le dia-mètre de l’orchestre , Vitruve entend une ligne qui passe par son milieu ; et comme il n’occupeque la moitié du cercle e , F , a , b , g , g , b , e , FF , qui a servi à tracer le théâtre , ce nepeut être que le demi-diamètre de ce cercle a , e , et non le diamètre b , a , b ; d’ailleurs unecoupure de la sixième partie de ce dernier diamètre seroit disproportionnée.
Comme Galiani, j’ai placé ces portes , ou vomitoires , au milieu de chaque amas de degrés enF ; et non dans la place des escaliers , scalæ en e , comme Perrault l’a fait en dépit de la raisonet du bon sens : car le peuple , comme nous l’avons dit , entroit dans l’orchestre par ces portes,et ensuite montoit. par les escaliers , pour aller se placer et s’asseoir sur les degrés ; ce qui lui eûtété impossible de faire avec les escaliers du premier rang, placés immédiatement au-dessus des por-tes , comme ils le sont dans les dessins du traducteur françois , où ils semblent conduire les genspour se précipiter.
Le meme auteur ayant aussi oublié de placer des portes ou vomitoires sur les précinctions , lesspectateurs ( suivant lui ) dévoient d’abord monter au portique d’en haut par les escaliers 5,4,5. Plane. XVII , fig. l et 2 ; et descendre ensuite par les escaliers dans les gradins. Quelle incom-modité pour le beau-sexe qui se plaçoit dans cette galerie , et pourquoi faire monter et descendreaussi inutilement lès spectateurs ?
"Vitruve s’est d’abord principalement attaché à donner les principes d’après lesquels on devoitconstruire la partie du théâtre occupée par les spectateurs ; c’est-à-dire l’hémicycle des gradins surlesquels on éloit assis. ïl s’attache ensuite à décrire la partie destinée aux acteurs , que nous nom-mons la scène : c’est la portion du théâtre des anciens sur laquelle les savans sont le moinsd’accord , et sur laquelle il leur reste encore bien des recherches à faire.
De tous les monûmens antiques dont la conservation eût été si utile pour l’intelligence des auteursanciens , et qui ont été renversés par la main destructive du temps , et plus encore par celle dela barbarie et de l’ignorance , nous devons sur-tout regretter la perte des théâtres. 11 est vrai quedans le midi de la France , en Allemagne et sur-tout en Italie , il n’y a pas de petite contrée oùl’on ne trouve les ruines de quelque théâtre , sur lesquelles les savans ont plusieurs fois exercé leurslalens , mais il faut convenir que presque toutes leurs recherches ont eu pour objet l’hémicycle dedegrés occupés par les sièges des spectateurs : la chose la plus aisée à comprendre , puisque celtepartie ressemble en tout à l’amphithéâtre , dont plusieurs sont encore sur pied en grande partie.Il éloit bien plus intéressant de connoître la situation de la scène et de tout ce qui la concerne,'cet objet étoit bien plus digne de leurs recherches ; ils auroient pu , peut-être , parvenir à entracer un plan exact , en comparant les découvertes qu’ils auroient faites parmi les restes épars desdifférentes ruines de théâtres qui existent encore. Les difficultés les auront sans doute dégoûtés :
* Planche SVI. me