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L' architecture de Vitruve : traduite en françois, avec des remarques / par De Bioul
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LIVRE VIII, C H A Mvii, j! 378

lœil ; autrement la vue pourroit trop aisément se tromper. Il nous reste cependant à savoir com-ment on pouvoit se servir commodément d'un pareil outil ; si on suppose que cette, règle , ,à laquelleon assigne la longueur de vingt pieds , soit mince et légère * elle sera sujette à se tordre et à secourber; si, au contraire, on suppose quelle ait ^épaisseur et la solidité, nécessaire , elle sera sipesante quon aura peiné à la mouvoir et à la transporterà moins dy employer beaucoup demonde; ce qui est plutôt à présumer, vu la quantité desclaves, qtiemployoient même les simplesparticuliers chez les Romains. . . u ,j.. ;

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Linconvénient qui pourroit résulter de la courbe ,que fait la superficie de leau mise dans Jecanal du cliorobale, comme formant une partie du cercle de la terre, ne, doit pas. être comptéparce que dans le court espace de cinq pieds, cette courbe est insensible, ce quÂrchimède lui-mêmea très-bien remarqué. On peut donc, sans craindre de se tromper, la regarder comme une ligneparfaitement droite. Ce qui est bien plus sènsible ; et ce qui fait quon ne peut se fief à ce moyenpour avoir le juste niveau, cest le gonflement que fait naturellement leau contenue dans un canalaussi étroit, elle sélève tout autour du bord v On peut donc dire que le cliorobale étoit uninstrument très - imparfait, et que le niveau deau dont nous nous servons actuellement, lui estbien préférable, composé , comme il lest, dun tube de fer blanc, aux extrémités duquel sélèventperpendiculairement deux fioles de verre. Ce tube est soutenu dans le milieu par deux liens de fer,et par une douille. Leau quon met dans cette machine communique dune fiole à lautre, parle tube; ,en plaçant lœil contre une des fioles, à la hauteur de leau, on trouve le niveau enapercevant la hauteur de leau dans lautre fiole. Ce moyen nest pas sujet à -induire en erreurcomme le chorobate et les autres instrumens dont parle Yitruve.

C H A P I T R E VII.

Des diverses manières de conduire les Eaux.

* O n peut conduire les eaux de trois ; manières différentes : soit avec un canalfait de maçonnerie , soit avec des tuyaux de plomb , soit enfin avec des tuyauxde poterie : voici les règles quon observe pour chacune de ces manières.

Voulez vous employer des canaux construits en maçonnerie ? faites la très-solide ;et donnez leur une pente suffisante , cest-à-dire, au moins celle dun demi-piedsur cent pieds. Il est absolument nécessaire que ces grands aqueducs soient cou-verts par des voûtes , pour mettre leau à labri des rayons du soleil. Quand leau

* Planche XXIII. , fig. 5.

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