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l’œil ; autrement la vue pourroit trop aisément se tromper.’ Il nous reste cependant à savoir com-ment on pouvoit se servir commodément d'un pareil outil ; si on suppose que cette, règle , ,à laquelleon assigne la longueur de vingt pieds , soit mince et légère * elle sera sujette à se tordre et à secourber; si, au contraire, on suppose qu’elle ait ^épaisseur et la solidité, nécessaire , elle sera sipesante qu’on aura peiné à la mouvoir et à la transporterà moins d’y employer beaucoup demonde; ce qui est plutôt à présumer, vu la quantité d’esclaves, qti’employoient même les simplesparticuliers chez les Romains. . . u ,j.. ;
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L’inconvénient qui pourroit résulter de la courbe ,que fait la superficie de l’eau mise dans Jecanal du cliorobale, comme formant une partie du cercle de la terre, ne, doit pas. être comptéparce que dans le court espace de cinq pieds, cette courbe est insensible, ce qu’Ârchimède lui-mêmea très-bien remarqué. On peut donc, sans craindre de se tromper, la regarder comme une ligneparfaitement droite. Ce qui est bien plus sènsible ; et ce qui fait qu’on ne peut se fief à ce moyenpour avoir le juste niveau, c’est le gonflement que fait naturellement l’eau contenue dans un canalaussi étroit, où elle s’élève tout autour du bord v On peut donc dire que le cliorobale étoit uninstrument très - imparfait, et que le niveau d’eau dont nous nous servons actuellement, lui estbien préférable, composé , comme il l’est, d’un tube de fer blanc, aux extrémités duquel s’élèventperpendiculairement deux fioles de verre. Ce tube est soutenu dans le milieu par deux liens de fer,et par une douille. L’eau qu’on met dans cette machine communique d’une fiole à l’autre, parle tube; ,en plaçant l’œil contre une des fioles, à la hauteur de l’eau, on trouve le niveau enapercevant la hauteur de l’eau dans l’autre fiole. Ce moyen n’est pas sujet à -induire en erreurcomme le chorobate et les autres instrumens dont parle Yitruve.
C H A P I T R E VII.
Des diverses manières de conduire les Eaux.
* O n peut conduire les eaux de trois ; manières différentes : soit avec un canalfait de maçonnerie , soit avec des tuyaux de plomb , soit enfin avec des tuyauxde poterie : voici les règles qu’on observe pour chacune de ces manières.
Voulez vous employer des canaux construits en maçonnerie ? faites la très-solide ;et donnez leur une pente suffisante , c’est-à-dire, au moins celle d’un demi-piedsur cent pieds. Il est absolument nécessaire que ces grands aqueducs soient cou-verts par des voûtes , pour mettre l’eau à l’abri des rayons du soleil. Quand l’eau
* Planche XXIII.™ , fig. 5.
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