( 4 )
LETTRE III.
Fenalet 13 avril 1793.
Depuis mon dernier voyage du mois de Mars , les progrès de la végétation ont été rapides. Com-bien de changemens dans ies environs de mon habitation! Nos prés sont jaunis par la Primula offi-.cinalis ; Velatior se tient à l’ombre de nos arbrisseaux ; je rencontre ça et là une espèce intermé-diaire entre l’elatior 8c l'acaulis. Non loin de chez moi se développe YOrchis pallens[ N°. 1281Hall. ) Yjnernone nomorosa y fait un très-bel effet ^l’Anemone ranunculoides se montre aussidans les buissons près des salines du Devin , la Polygala chamabuxus est par-tout, de mêmeque la Pulmonaria officinalis. Nos haliers 8c nos bois sont garnis de VOrobus vernus , 8c les bordsdes chemins du Thlaspi perfoliatum. Non content de tous ces prémices des dons de Flore , jetourne mes regards du côté de votre pays, plus intéressant encore ; je reprends le chemin de St.Maurice dont la Lathrœa squamaria orne les bords j parvenu aux rochers qui dominent l’entréede S. Maurice , je rencontre la Scorzonera humilis.
Mr. Advocat , chanoine de l’abbaie de St. Maurice , connoît plusieurs plantes , et se fait unplaisir de montrer aux amateurs les plus rares des environs.
De là suivant la route ordinaire jusqu’à Pissevache , je m’arrêtai dans ses environs , où je remar-quai VErinus alpinus qui me surprit d’autant plus agréablement que je ne Tavois trouvé dans mesprécédens voyages, que sur les plus hautes alpes . J’y reconnus aussi plusieurs autres plantes alpines,TtA., tu la Tussilago ramosa ,1e Lepidiupi Hqlleri , l’Arabis alpina , Sce. Les environs du Trient, rn’é-taièrent un bon nombre de plantes curieuses 9 tells quel ’Alyssum utriculatum > la Draba aizoides yla Saxifraga cespitosa, la Sax. exarata d'Allioni , la Primula viliosa. Ils produisent aussi leCarex verna 8c plusieurs autres.
Les environs de la vieille tour dé Martigni ne sont pas moins intéressans ; au-dessus du villagede la Bâtia on voit en quantité la Draba aizoides , la Biscutella lavigata et le Lepidium pe.traum ; l’Anemone Pulsatïlla y est dans sa plus grande beauté \ j’y indique aussi la Veronicaprostrata 8c le Hyacinthus comosus.
Je pris quelques rafraichissemens à Martigni qui offre aux voyageurs plusieurs bonnes auberges ,k je continuai mon chemin jusqu’à Charat, village à une lieue de Martigni. Au-dessus de ce village,près de la chapelle attenante au chemin , il y a plusieurs monticules couverts de très-belles plantes jVAdonis vemalis y déployoit ses beaux groupes de fleurs jaunes, YAstragalus uralensis com-mençoit aussi à se montrer ; les champs m’offroient la Veronica verna , Yacinifolia et sa variétéla Veronica pracox Ail. ,1e Lipidium petr&uni , ko.
Encouragé par ces découvertes, je pousse mon voyage jusqu’à Sion , éloigné de six lieues’deMartigni. A ■ Econaz , métairie du Grand-Saint-Bernard , je cueille abondamment la Viola mira,bilis qui avoit échappé au célèbre Haller, ainsi qu’à moi-même , dans mes premières courses bota-niques. Parvenu à la campagne d’Ardon, je reconnois la Scorzonera laciniata } 8c je trouve en-