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la Cure de Saïmn , nous mous séparâmes, Mr. votre fils Louis pour se rendre au Fenalet, moi àMartigni, tous deux satisfaits de notre récolte & plus encore des scènes variées 8c pittoresques quenous avoit offertes le singulier pays que nous venions de parcourir.
J’ai l’honneur d’être &c.
LETTRE XVII.
Martigni 7 Juillet 1803 .
A Monsieur Abraham Thomas.
"Vôus vous étiez proposé , plus d’une fois , de visiter la célèbre montagne de Catogne, au dessusde S. Brancher. Sa position au milieu des plus hautes alpes , son élévation de 1300 toises environ au-dessus du niveau de la mer, ses couches calcaires au levant 8c granitiques au couchant, tout sem-blait promettre un voyage riche 8c satisfaisant aux amateurs delà botanique. Ce que vous avez dé-siré, Monsieur , je viens de l’exécuter; & je me hâte de vous mander le résultat de mon voyage.
Pour avoir plus de temps devant moi, je me transportai à S. Brancher la veille de cette ascen-sion , avec M r . votre fils Louis. Nous avions deux conducteurs , un chasseur pour guide 8c unamateur de montagnes qui portoient nos provisions. Notre voyage auroit été infiniment plus inté-ressant , si nous avions pu passer la nuit sur la montagne , mais je n’en avois pas le temps.Nous partons donc , à l’aurore , de S. Brancher , 8c ne rencontrons rien de remarquable jus-qu'au bois, qui est trës-étendu ; y étant un peu avancés, ia Serapias laùifo habits différentesPyrola , Yunifiora , la rotundifolia 8c de minor , YOrchis Coriophora se présentent à nous; 8cnous observons un peu plus haut,^|>rès du sommet de la forêt, YOphrys Arachnites , le Cistuscelandicus 8c la Coronilla rnlnima. Ayant quittés la pointe nommée Roc de la dent , au boutde deux heures de marche , le chemin devint moins roide & plus facile. Le Rhododendron ferrugi-neum commence à réjouir la vue par ses belles fleurs d’un rouge cramoisi ; 8c la Saxifraga rotun -difolia brille sur un rocher humide. On s’élève le long d’une prairie humide qu’embellit la Çal-Iha palustris , 8c dans laquelle on voyoit aussi un Phyteunmji^m beau bleu de roi, à feuillescordiformes , qui se rapproche beaucoup du Phylheuma Halleri. Au haut de cette prairie laViola calcarata embaumoit par son parfum. Une demi heure de marche nous conduit au chalet,qui est très bien 8c très-commodément bâti ; on y entretient pendant trois mois de l’année soixantevaches à lait. Nous fûmes très-aises de nous y rafraîchir.
Les fleurs des montagnes basses ne suffisoient pas à notre ardeur; nous nous décidâmes donc àparcourir les sommités. Notre guide qui s’étoit armé de sa carabine dans l’espoir de tirer quelquechamois, nous engagea à suivre un sentier, où nous découvrîmes la Poa disticha , plante très-rare , que l’on n’a encore rencontrée que sur le S. Golhard 8c dans les Grisons ; ce sentier conduità un endroit nommé par les habitans Montagne renversée. Effectivement , nous observâmes ungrand bassin où, sans doute, il y avoit eu jadis de superbes pâturages; maintenant, il est entiè-rement recouvert d’un pan de montagne qui, en s’éboulant, y a charié d’immenses décombres 1 ?a ? ^ jw A' a- «*•*•