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Le guide du botaniste qui voyage dans le Valais, avec un catalogue des plantes de ce pays et de ses environs, auquel on a joint les lieux de naissance et l'époque de la fleuraison pour chaque espèce / par M. Murith
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Ce quil peut y avoir de pittoresque dans cette description est louvrage de la nature, ce quS.y a de monotone est le défaut de lauteur , et, le dirai je , cest le défaut de la langue ; elle est troppauvre pour rendre ces détails , et quoique limpression que font ces grands objets , soit très-variée,lexpression est la même lorsquon les décrit.

Ici le voyageur , pour peu quil soit versé dans lhistoire naturelle, trouvera des choses duplus grand intérêt, tant en botanique quen minéralogie. A un quart de lieue de S. Nicolas , entraversant un éboulement granitique , il ne pourra sempêcher dobserver que toutes les pierres sontrougies par le Lichen Jolitus , et il verra tous les rochers colorés en vert par le Lichen geogra.phicus. Avant darriver à la paroisse de Randaz , il trouvera Y Astragalus Leontinus , Y Astraga.lus monspessulanus , l Astr. pilosus et YAstr. campes tris , et sur les glariers des torrens leTrifolium saxatile dAllioni, avec le Sisymbrium pyrenaicum ( N°. 488 Hall.). Dans les champs,près du village, croit F Androsaca hreyifolïa YilL : ,

Cest de que le voyageur pourra contempler un tableau très-pittoresque. Sil veut se donner lapeine de jeter un dernier coup-dœil sur le village de S. Nicolas , il le verra occuper un site des plussinguliers , au fond de la vallée et au pied dénormes rochers qui semblent sélever jusquaux nues }il verra que léglise du village AEms est tellement sur le bord des rochers , quon la croirait pres-que suspendue en lair, prête à tomber sur le village de S- Nicolas.

Quand vous croyez que le défilé va brusquement finir, il se prolonge soudain, comme par en-chantement, au-delà même du vol de limagination , et précisément du côté la barrière paroîtla plus insurmontable (*).

Tout homme qui ne çonnoît que les plaines , y sera trompé , à coup sûr. Cest ce qui a lieu sou-vent, lorsquon oyage dans les gorges des aipes ; on se croit arrêté tout-à-coup , quand ou voit lavallée souvrir subitement, sans quon ait pu le prévoir.

Cest dans ces liantes contrées que le bras vigoureux du laboureur se fait remarquer ; il aabattu les antiques sapins, il a creusé des canaux pour arroser les prairies , il a défriché la terrela plus ingrate , il a bâti des villages 8c élevé de charmantes églises. Le peuple de ces vallées estsimple, laborieux, religieux, hospitalier et fidèle . mais méfiant envers les étrangers. Aussi je re-commande aux voyageurs de faire connoissance avec Messieurs les Curés , ou avec les personnesles plus considérées de lendroit, afin de sattirer, par eux , la confiance dun peuple à moitié sauvage,dun peuple souvent trompé par des voyageurs, ou déçu dans ses espérances par des malheurs.

Après une lieue de marche paroît le village de Techen. Au sortir de ce village, la Viêge ,resserrée entre deux rocs, forme plusieurs cascades écumeuses sous un pont de bois très-solide-ment construit. Près de , la belle Agrostemma jlos-jovis se montre dans toute sa pompe. Ensuite,le chemin est tantôt resserré entre la montagne 8c la Vtége , tantôt égayé par de petits bassins cul-tivés ; enfin, quand on a. fait demi heure de marche, dans un sentier tortueux, la vallée sélargittout-à.coup et présente à lœil charmé du voyageur une plaine tapissée dune belle verdure , que

(*) Nous observons, en passant, qu'on peut loger à Randaz chez le châtelain Valler.