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marche devint moins périible et nous eûmes le plaisir de distinguer en avançant le Juncus Jaqüiniet V Hypochœris helvetica. En sortant de Paequeduc on foule un gazon agréable. Les glaciersrecouvroient toutes les sommités ; on nous indiqua entre les glaciers une gorge nommée Bisti ;mais pour y parvenir il falloit escalader lentement un revêtement de rocailles. C’est dans cettemontée difficile que nous trouvâmes en quantité le Senecio uniflorus , la Myosotis nana efcYAretia alpina. A la descente de la première montagne nous rencontrâmes la Cacalia to-mentosa.
Nous avions déjà fait plus de cinq lieues, mais il en falloit encore trois pour traverser la ir > ;vallée du Ganter et remonter à la seconde montagne. Nous reprîmes courage , et après avoir *■'*’*—•desceudu un glacier dont la surface ramollie etoit couverte d’une neige tendre, et traversé ensuite,avec beaucoup de peine et de fatigues la vallée où les rochers entremêlés de gazon e'toienten divers endroits baignés de l’eau des torrens, nous arrivâmes au pied de la dernière montagnequi nous restait à gravir. Nous commencions à être extrêmement las, et nous avions en pers-pective un glacier de demi heure de traversée avant d’atteindre le sommet du col • nous fîmesun dernier effort, et nous eûmes enfin la satisfaction de découvrir au-dessous de nous la mon-tagne du Simplon et l’hospice qui devoit nous servir de gîte ce soir là. Au midi du col , dansles gazons mêlés de rimailles, on retrouve les mêmes plantes qu’au sommet du Bisti. La pers-pective étoit terrible ; il falloit encore descendre un glacier de demi heure de largeur, coupé tan-tôt par des précipices affreux , tantôt par des ouvertures épouvantables dont nous aurions eubien de la peine à nous tirer sans notre guide qui alloit en avant pour chercher les passagesles moins périlleux. Au bout d’une heure de descente, un monticule graveleux et sec nous offritle Phyteuma pauciflora et le Hieracium albidum. Enfin sur la montagne de Nideralp , qujs’étend jusqu’au fond du vallon, nous découvrîmes la Campanula nouvelle que Mr. Schleichera nommée excisa , parceque les angles des découpures de la corolle forment un trou parfaite-ment rond , tandis que les plis de la corolle vue en face lui donnent une très-grande ressemblanceavec Y Aquilegia alpina. Cette montagne est à vingt minutes de l’Hospice, où nous avions ungrand bésoin de nous reposer, étant harassés par une course de douze lieues au moins. Nousfûmes reçus à bras ouverts. L’aimable famille de Mr. le Baron Stokalper se réunit à nos Messieurspour entendre le récit de nos avantures. N’oublions pas de dire qu’avant d’arriver à l'Hospiceon marche sur YArenaria rubra.
Le 4 Août, comme le temps nous favorisoit-, nous allons visiter la mine d’or de Gundo quefait exploiter, sur son propre terrein , M. le Baron de Stokalper, aujourd’hui Conseiller d’Etat.
Pour rendre ce voyage plus intéressant nous nous décidons à passer par le Schwitzberg, etvoici notre marche et nos observations.
Àu sortir de l Hospice du Simplon nous suivons d’abord le chemin neuf qui conduit au vil-lage du Simplon par une pente douce. La roule est embellie par une succession de paysages quichangent à chaque pas et par les habitations alpines qui sont placées en, petits grouppes desdeux côtés. A trois quarts de lieue du Simplon nous voyons avec surprise beaucoup de Tana.cetum vulgare et, à côté du chemin neuf, dans un terrein graveleux, la Primula Vitallina ,
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