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en fureur qu’on longe tantôt à droite tantôt à gauche, selon qu’on a trouve plus de facilité Itailler le chemin dans le roc. L’aridité de ces rochers, qui ne portent que quelques pins isolés ,font de ce lieu un désert effrayant. La route hardie qu’on vient de tailler ( car c’est le mot )dans ces rochers, immortalisera à jamais le nom de l’Empereur Napoléon et mettra les entre-prises du gouvernement français au niveau de ce que les Romains ont fait de plus beau et deplus grand. Leur exécution coûtera bien des millions. Cette gorge, toute resserrée qu’elle est ,offre aux amateurs de la botanique plusieurs plantes curieuses , entr’autres le Gyclamen euro~pœum , la Saxifraga muttiflora, et la Silène Saxifraga L. que personne, encore, n’avoitindiquée en Valais .
Nous n’arrivâmes qu’à la nuit au village de Simplon , et nous comptâmes que nous avions faitau moins dix lieues ce jour là.
Le 5 au matin nous reprîmes le chemin de l’hospice du Simplon, ou nous passâmes notrejournée dans la douce société de nos Messieurs qui avoient commencé à s’y établir , et dansla compagnie de l’agréable famille de Mr. le Baron Stockalper qui y étoit venu passer quelquesjours pour y respirer un air plus pur et se soustraire aux chaleur brûlantes de la plaine.
Cependant, pour mettre à profit celte journée, nous l’employâmes à parcourir les côtes e tles vallons nombreux que renferme la montagne du Simplon , et qui rendent son séjour très-agréable en été. C’est dans cette excursion que nous trouvâmes, fort au-dessus du chemin neuf,la Lychnis alpina , YAnemone fragifera , l ’Art émis ia glacialis , la Campanula excisa ,VArenaria rubra, Y Arnica montana. Ces trois dernières abondent dans toute la montagne. Ony rencontre aussi çà et là , le Phyteuma Scheuchzeri et la C entaurea à feuilles lacinées.
Le 6 Août, sur les leriseiguemens de Mr. le Baron de Stockalper , nous résolûmes de nousrendre à Binn par les montagnes. Nous étions charmés de voir le chemin neuf du Simplon ,quoiqu’il ne fut pas des plus agréables, parce qu’il n’étoit que tracé dans les endroits les plusdifficiles et les plus périlleux, & qu’on y étoit souvent arrêté, tantôt par l’explosion fréquentedes mines où travailloient environ mille ouvriers , tantôt par les éboulemens qu’occasionnoientles travaux des mineurs. Après trois bonnes heures de marche , on passe un pont placé sur uatorrent impétueux qui descend des glaciers du Grunt et qui sépare la vallée de Brigberg decelle de Binn , et on longe en remontant la côte à gauche du pont. Cette vallée a trois lieuesde long. Plusieurs chalets, disposés par groupes, animent la route \ mais ce n’est que dans lesplus élevés qu’on peut trouver un gîte au mois d'Août, parce que c’est dans ce temps qu’oahabite les hautes montagnes.
Quoique cette route soit pénible, elle est agréable parles différens tableaux aussi intéressansque variés que présente cette vallée , et par les plantes rares qu’elle recèle. Au - dessous ducol, on observe dans les dernières montées, le Hieracium abidum, &c. Parvenus au sommet,et voulant rendre notre voyage plus intéressant pour la minéralogie, voyant d’ailleurs que la flo-raison des plantes étoit passée, nous prîmes le parti de tirer sur la droite et de visiter les ro-chers qui avoisinent le glacier. Dans cette descente nous vîmes un puits qu’on avoit creusédans l'espérance de rencontrer des cristaux de Quartz, Oa n’avoit pas sçu reconnoître les
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