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Le guide du botaniste qui voyage dans le Valais, avec un catalogue des plantes de ce pays et de ses environs, auquel on a joint les lieux de naissance et l'époque de la fleuraison pour chaque espèce / par M. Murith
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nous avions grand besoin. Cest une provision dont il faut avoir soin de se munir dans desvoyages pareils au nôtre.

Après quelques momens de repos, nous entrons dans !è sentier qui conduit à Barbarine , mon-tagne habitée seulement à la fin de lété. Elle est au fond de la vallée , dans Un second bassin ,beaucoup plus resserré que le premier ; le bétail ny avoit pas encore pénétré , ce qui nousfacilita les moyens dy démêler les plantes rares. Notre plan étoit daller coucher en Teneverge ,montagne beaucoup plus élevée sur la gauche, d lon peut passer au Mont-Blanc > du côté deSixte , lorsquune pluie mêlée de neige , nous obligea à rester à Barbarine , nous navionsquune mazure pour abri. Cest en y allant que nous trouvâmes la Gentiana bavarica en grandequantité. Ne pouvant pousser plus loin, nous profitâmes du reste de la journée pour visiter le fondde la vallée , nous cueillîmes, sur la droite, dans une côte gazonnée et mêlée derocailles , laBetomca hirsuta, la Gentiana nova , la Bedicularis comosa. De , en descendant contrele glacier, nous vîmes les Salix Myrsinites Sc arbusuLa^ 8c 5 sur un monticule, en revenant,VAllium Victorialis , la Tussilago ramosa , YAnemone alpina , fcc. Comme le jour étoit surson déclin , nous revînmes à notre mazure , nous avions heureusement quelques provisions.Un méchant feu , que nous alluma notre guide -, nous garantit de la fraîcheur de la nuit. Pendantquil allumoit le feu, nous fîmes le tour des chalets, fc nous trouvâmes YOmithogalum luteum ,le Ranunculus alpestris avec le Sisymbrium dentatum.

Le lendemain , nous partîmes au point du jour pour atteindre le col. Nous y entrâmes aprèsdeux heures dune marche , dabord assez agréable , sur des gazons émaillés de fleurs, ensuiteplus pénible par des ravins entremêlés de gazons. Cest par- quil faut passer pour visiter lamontagne nommée Nomanei , située dans une vallée parallèle à celle que nous avions parcourue.Un peu plus hauMpie Je col, fleurissoient YAzalea procumbens , la Sdxi/raga bryoides 7 laGentiana pumila , YAndrosaca obtusi/olia , les Draba hirta 8c nivalis , YArlemisia Mutelïinafc la Poa laxa Wildn. Après avoir fait cette agréable récolte, il sagissoit de descendre, fc cenetoit pas une petite affaire. II nous falloit passer sur un glacier presque perpendiculaire , placéau-dessus dune cascade qui jettoit ses eaux dans des précipices affreux 5 la neige étoit si durequon avoit peine à y imprimer le talon des souliers. Cest ici que nous sentîmes de quelle utilitéétoit un guide , javois parcouru bien des glaciers en ma vie, mais je navois rencontré que bienrarement des passages aussi difficiles fc aussi dangereux. Cependant il falloit absolument se tira-de celui-ci, par-tout ailleurs cétoient des rochers taillés à pic, qui noffroient aucune issue. Le guidevoyant notre consternation fc notre embarras , s'offre à marcher le premier & à tracer la route ;nous le suivons à pas lents fc en tremblant. Enfin, après une demi-heure dangoisse ^ nous sor-tons heureusement du glacier. Quel plaisir nous eûmes de cueillir , à quelques pas de la , lesGentiana nivalis fc campestris 7 puis le Salix lapponum , le Cerastium latifolium , le Ra-nunculus glacialis. Quand on a dépassé les chalets de la montagne de Nomanei , on peut no-ter dans un fond XAnemone apii/olia AU. Enfin , en descendant pour regagner Salvan, quiest à deux lieues de Nomanei , nous reconnûmes, au bord du torrent, dans un roc humecté parles eanx dune cascade, la belle Saxifraga multijlora. Après quelques rafraîchissemens pris à

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