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nous avions grand besoin. C’est une provision dont il faut avoir soin de se munir dans desvoyages pareils au nôtre.
Après quelques momens de repos, nous entrons dans !è sentier qui conduit à Barbarine , mon-tagne habitée seulement à la fin de l’été. Elle est au fond de la vallée , dans Un second bassin ,beaucoup plus resserré que le premier ; le bétail n’y avoit pas encore pénétré , ce qui nousfacilita les moyens dy démêler les plantes rares. Notre plan étoit d’aller coucher en Teneverge ,montagne beaucoup plus élevée sur la gauche, d’où l’on peut passer au Mont-Blanc > du côté deSixte , lorsqu’une pluie mêlée de neige , nous obligea à rester à Barbarine , où nous n’avionsqu’une mazure pour abri. C’est en y allant que nous trouvâmes la Gentiana bavarica en grandequantité. Ne pouvant pousser plus loin, nous profitâmes du reste de la journée pour visiter le fondde la vallée , où nous cueillîmes, sur la droite, dans une côte gazonnée et mêlée derocailles , laBetomca hirsuta, la Gentiana nova , la Bedicularis comosa. De là , en descendant contrele glacier, nous vîmes les Salix Myrsinites Sc arbusuLa^ 8c 5 sur un monticule, en revenant,VAllium Victorialis , la Tussilago ramosa , YAnemone alpina , fcc. Comme le jour étoit surson déclin , nous revînmes à notre mazure , où nous avions heureusement quelques provisions.Un méchant feu , que nous alluma notre guide -, nous garantit de la fraîcheur de la nuit. Pendantqu’il allumoit le feu, nous fîmes le tour des chalets, fc nous trouvâmes YOmithogalum luteum ,le Ranunculus alpestris avec le Sisymbrium dentatum.
Le lendemain , nous partîmes au point du jour pour atteindre le col. Nous y entrâmes aprèsdeux heures d’une marche , d’abord assez agréable , sur des gazons émaillés de fleurs, ensuiteplus pénible par des ravins entremêlés de gazons. C’est par-là qu’il faut passer pour visiter lamontagne nommée Nomanei , située dans une vallée parallèle à celle que nous avions parcourue.Un peu plus hauMpie Je col, fleurissoient YAzalea procumbens , la Sdxi/raga bryoides 7 laGentiana pumila , YAndrosaca obtusi/olia , les Draba hirta 8c nivalis , YArlemisia Mutelïinafc la Poa laxa Wildn. Après avoir fait cette agréable récolte, il s’agissoit de descendre, fc cen’etoit pas une petite affaire. II nous falloit passer sur un glacier presque perpendiculaire , placéau-dessus d’une cascade qui jettoit ses eaux dans des précipices affreux 5 la neige étoit si durequ’on avoit peine à y imprimer le talon des souliers. C’est ici que nous sentîmes de quelle utilitéétoit un guide ,• j’avois parcouru bien des glaciers en ma vie, mais je n’avois rencontré que bienrarement des passages aussi difficiles fc aussi dangereux. Cependant il falloit absolument se tira-de celui-ci, par-tout ailleurs c’étoient des rochers taillés à pic, qui n’offroient aucune issue. Le guidevoyant notre consternation fc notre embarras , s'offre à marcher le premier & à tracer la route ;nous le suivons à pas lents fc en tremblant. Enfin, après une demi-heure d’angoisse ^ nous sor-tons heureusement du glacier. Quel plaisir nous eûmes de cueillir , à quelques pas de la , lesGentiana nivalis fc campestris 7 puis le Salix lapponum , le Cerastium latifolium , le Ra-nunculus glacialis. Quand on a dépassé les chalets de la montagne de Nomanei , on peut no-ter dans un fond XAnemone apii/olia AU. Enfin , en descendant pour regagner Salvan, quiest à deux lieues de Nomanei , nous reconnûmes, au bord du torrent, dans un roc humecté parles eanx d’une cascade, la belle Saxifraga multijlora. Après quelques rafraîchissemens pris à
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