DE L’ U N I V E R S. \J
apparemment que le privilège <Ie penser n’avoit jamais puêtre accordé qu’à Aristote 5c à Ptolémée. Le système tomboiten ruine ; chaque nouvelle découverte en sappoit le fon-dement : ils n’osèrent rebâtir; ils se contentèrent d’étayer;mais il est facile de juger fi de tels Architectes fàvoient choisirdes étais bien solides. Je vais exposer ce système, tel qu’ilétoit encore en vigueur vers la fin du seizième siècle : lesystème le plus simple , par lequel on peut expliquer lesopérations de la Nature, est fans doute le meilleur; on va voirque jamais Mécanicien, ignorant Sc présomptueux, n’a fait,une machine si composée que le monde de Ptolémée.
La Terre St l’Eau sont immobiles au centre de l’Univers :la Iphère de Pair entoure la Terre ; elle est divisée en troisrégions; la balle, que nous respirons ; la moyenne, qui estextrêmement froide ; St la haute, qui est plus pure 5c moinsfroíde. Autour de Pair est la région du feu : ce feu nous estinvisible; mais fur la parole d'Aristote, nous devons croirequ’il existe. Toute cette partie, excepté la Terre, est fluide,5c par conséquent susceptible de génération 5c de corruption;c'est-à-dire, qu’il peut s’y former de nouvelles productions,5c que les anciennes peuvent être détruites. Les Cieux, danslesquels nous allons entrer , font inaltérables, solides,, trans-parens comme le cristal le plus pur : le premier Ciel estcelui de la Lune; il est luivi de ceux de Mercure, deVénus, du Soleil 5c de Mars. Cela pôle, nous ne pourrionsvoir Mercure, ni Vénus au-delà du Soleil, 5c il est certainque nous les y voyons : Mars ne leroit pas quelquefois plusprès de la Terre que le Soleil, Sc c’est cependant ce queles observations ont constaté. Quelques-uns ont placé lesCieux de Mercure 5c de Vénus au-delà de celui du Soleil;mais la difficulté reste la même, puisque ces deux Planètesne parodient pas seulement au-delà du Soleil, mais austtsouvent en-deçà: d’ailleurs , la difficulté augmente pourMars. Au-delà du Ciel de Mars, Ptolémée place les Cieuxde Jupiter 5c de Saturne, 5c un seul Ciel pour toutes lesÉtoiles fixes : celui-ci est appelé Firmament. Le firmamentTome I. C