Band 
Tome premier.
Seite
26
JPEG-Download
 

26 Doctrine des Philosophes

un prodige ; cétoit le Ciel en feu , cétoit des flambeauxardens qui menaçoient la Terre, cétoient des armées rangéesen ordre de bataille ; íouvent même on simaginoit entendrele cliquetis des armes & des boucliers.

Un autre phénomène parut plus surprenant que tous ceuxdont je viens de faire rémunération : de nouvelles Étoilessoífroient de temps à autre aux regards de lObíervateur ;leur durée sétendoit à plusieurs jours, plusieurs semaines,plusieurs mois ; cela seul devoit les faire distinguer desmétéores, dont la durée est en quelque forte momentanée :mais on remarqua de plus que leur lieu dans le Ciel étoitindépendant de celui de tous les Astres connus ; il n'étoitpoint déterminé à lÉciiptique, comme la lumière zodiacale;aux parties septentrionales du Ciel, comme lAurore boréale:on ne les oblèrvoit pas toujours dans une opposition constanteau lieu du Soleil, comme les iris ; elles naccompagnoientpointperpétuellement le Soleil & la Lune, comme les halons oucouronnes. Toutes les parties du Ciel leur étoicnt en quelqueforte indifférentes ; il ny en avoit point ces nouvellesÉtoiles ne pussent paroître & ne parussent effectivement (a).

Ces nouvelles Étoiles lont de deux fortes; les unes,semblables en tout aux Étoiles fixes, ont le même éclat :emportées dorient en occident par le mouvement diurnecommun à tous les Astres, elles nont Tailleurs aucun mou-vement propre; tant quelies paraissent, elles observent tou-jours la même position entre les autres Étoiles. Lorfquellesont atteint le plus grand éclat dont elles font susceptibles

(a) Pline, Elijl. nat. liv. II,n. 22, chap. XXV, fait dire à Aristotequon ne voit jamais de Comète dans]a partie occidentale du Ciel : on adéjà remarqué que Pline n'avoit passaisi la pensée a Aristote. Toutes lesComètes que nous avons vues, ditce Philosophe , ont disparu de dessuslhorijcn fans se coucher : il parlemanifestement du coucher héliaque.

II ne sagit ici que dun fait : il esttrès-poísiblc que les Comètes obser-vées, ou plutôt vues par Aristote,aient disparu par leur trop grand éloi-gnement de la Terre , & ne se soientpas plongées dans les rayons du Soleil,ce qui auroit fait leur coucher hé-liaque : cest ainsi que nous avonsvu disparoître les Comètes de 1758 Sde 1759, & bien dautres,