sur les Comètes. 51
l’inflammation des Comètes étoit un vent impétueux revenantfur lui-même, un ouragan. II admettoit aussi dans quelquesPlanètes, 6c lu r-tout dans Saturne, une efficace singulièrepour la production des météores, 6c par conséquent pour celledes Comètes. Ariíloten’a jamais donné dans ces futiles inepties.Sénèque réfute fort au long les mensonges d’Epigènes : c’estainsi qu’il qualifie les lentimens de ce Grec-Chaldéen (b).
III. Enfin, ilyaeudans {'antiquité quelques Philosophesqui ont pense que les Comètes étoient des corps éternels,c’est-à-dire, aussi anciens que le monde ( c) ; lesquels étoientsujets à des retours périodiques, félon desloix dont ces Anciensn’ont pu que deviner l’exiítence.
Anaxagore , Démoc rite (d), quelques Égyptiens (e) tArtémidore 6c quelques autres , ont cru qu’outre les septPlanètes que l'on connoiísoit alors , il en exiíloit un très grandnombre d’autres. Celles-ci, invisibles à cause de leur extrêmepet ii elfe , se rencontrent quelquefois ; 6c s'accumulant ennombre suffisant, leur amas devient sensible. Le télescope nousa fait découvrir de petites Planètes autour de Jupiter 6c de/Saturne ; par son secours , nous observons un nombre infinid’Etoiles, dont nous n’avions aucune idée, peut-être mêmeaucun fou, çon; mais ces prétendues petites Planètes, semencesen quelque forte des Comètes , sont restées aussi invisiblesqu'auparavant. Ne faut-il qu’un petit nombre de ces Etoilespour produire i’apparence dune Comète! II est pour-lors
(b) Sente. Natur. Quœst. iib. Vil,
cap. V.
(c) Je pourrai, d’après Sénèque,appeler quelquefois les Comètes descorps éternels. Mais je m'expliqueici : je n'entendrai par ce ternie qu’uiicantiquité égale à celle du monde
(d) Ariflot. Aïetrorel. Iib. I,cap. VI; Plutarch de 1 J lacit. Philos.Iib. III, cap. 11 ; Senec. Natur.Quœst. Iib. Vil, cap. III, & plu-sieurs autres. Anaxagore fut un des
Chefs de la secte Éléatique, qua-trième successeur de Thaïes : onfait que Démocrite a été le maîtred’Epicure.
(e ) Aristot. loco citato. Ces Egyp-tiens paroilTent avoir é:é plus parti-culièrement de la première opinion.
f f) Senec. ibidem, cap. XIII.M. Weidler conjecture que cet Arté-midore vivoit environ un siècle avantl’ére Chrétienne. Hst. Astron. cap. V,