2 o Doctrine des Philosophesporté , comme je i’ai déjà dit, un jugement différent sur hnature des Comètes. Mais aimer la vérité, la rechercher avecfoin , ne proposer comme certain que ce que l’on juge tel,douter soi - même de ce que l’on fait n cire qu’une íimpleconjecture; c’est ce qui constitue le vrai Philosophe, & c’estce qu’Aristote a sait au sujet du mouvement des corps célestes.
Je remarque, en second lieu , qu on a fait tort à Aristoteen lui attribuant les rêveries de íés Disciples. J'ai exposé sonhypothèse en entier ; je l’ai même un peu amplifiée , en yajoutant quelqueí termes qu’on ne trouve peut-être pas dansses Ouvrages, mais seulement dans ceux de les Disciples, &.que la nature de son système même íèmbloit demander. Maistout le reste appartient aux Péripatéticiens, & non pas à leursage Chef. Aristote n’a jamais imaginé que Saturne & Marspréparaslèntla matière des Comètes, l’un en resserrant les poresde la Terre , pour que les exhalaisons /accumulassent; l’autre,en les élargissant, pour donner une libre sortie à ces exhalai-sons : Aristote n’a jamais pensé que les atomes qui voltigentavec les rayons du Soleil, reçus par une ouverture légère dansune chambre obscure , fuílènt les cendres d’une Comèteconsumée. Aristote n’a jamais attribué aux Comètes le droitde causer ou d’annoncer des maladies, des famines, desséditions , des guerres civiles, des morts de Princes ou depersonnes constituées en dignité. II s’est contenté de croireque l’apparition des Comètes pouvoit occasionner des vents& des sécheresses, sur-touts’il en paroissoit plusieurs en mêmetemps : des embraíèmens aussi grands, aussi longs, auliì voisinsde la Terre que letoit celui des Comètes dans Ion système,lui íembloient devoir produire naturellement ces deux effets.
F.pigènes , Philosophe grec dont parle Sénèque ( a ),suivoit non-ièulement /hypothèse d’Arillote; mais il préten-des de plus que tel étoit le sentiment des Chaldéens, fouslesquels il a volt étudié /Astronomie. Dpi gènes différoiscependant d’Aristote en un point : selon lui , la cause de
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(a) Senec . Natur. Qutrjl. lib. VII, cap. III £7feq,