jo Doctrine des Philosophes
anecdote ne se rencontre point ailleurs; au contraire, Régio-montan a paru prouver que la distance des Comètes à laTerre étoit peu considérable. Nous verrons bien-tôt que Cardanemploie le défaut de parallaxe sensible , pour détruire lesystème des Comètes-météores ; mais il ne le donne paspour auteur de cette méthode : son témoignage prouve dnmoins que vers le milieu du seizième siècle, on s’étoit déjà,servi avec succès de la parallaxe, pour déterminer que le vrailieu des Comètes étoit ordinairement au-delà de l’orbite dela Lune.
Le petit nombre de ceux que le préjugé n’aveugloit pasentièrement , fit une sérieuse attention sur les deux véritésnouvellement découvertes ; i’une & l’autre étoient égalementincompatibles avec l’opinion d’Aristote. Si les Comètes fontun brasier ardent, que peut avoir de commun le Soleil avecla direction de leur queue! Le feu doit suivre son aliment,comme les Péripatéticiens le décidoient eux-mèmes; maisrien ne pouvoit contraindre cet aliment, ces matières inflam-mables, ces exhalaisons chaudes, sèches, sulfureuses, grasses,bitumineuses, à éviter les approches du Soleil avec tant deconstance & d’unisormité. Cette direction de la queue versles parties opposées au Soleil, ne dénotoit-elle pas une actiondes rayons du Soleil fur la Comète! N’étoit-il pas naturelde penser en conséquence , que la Comète n’étoit pointembrasée, mais éclairée; que ce n’étoit point un feu, maisun corps plus solide qui réfléchissent les rayons solaires ! C estla conclusion que tirèrent quelques Sages.
D’un autre côté, si les Comètes font supérieures à la Lune,elles le sent donc à toutes les vapeurs, à toutes les exhalaisonsde l’air qui nous environne; or, on ne peut pas douter queleur lieu ne soit bien au-delà de celui de la Lune. « Nous» voyons à Milan, dit Cardan f u J, une Comète qui est fous le" tropique du Capricorne : donc la Comète n est point formée" de vapeurs, puisque de simples vapeurs ne pourroient nous
(u) De Subûlitati, lib. IV.