sur les Comètes. y \
être visibles à une si grande distance. Les Comètes ne se «forment pas non plus dans l’éther (x) : quelle matière inflani- «niable pourroit les y produire! Ne dites point que les Astres «ont la lorce d’y attirer des exhalaisons : il y a des Comètes «qui subsistent un, deux, trois mois & davantage; toute la «machine de la 'ferre ne íustiroit pas à un tel embralement: «car le leu ne peut íe perpétuer dans une même matière; il «lui en faut incelsamment de la nouvelle.... 11 n'est rien «de plus facile que de déterminer le lieu d’une Comète par «la diversité d’alpect , c’est-à-dire par la parallaxe. Le mou- «vement des Comètes prouve austì qu’elles font au - delà de «la Lune : leur queue est toujours diamétralement opposée au «Soleil ; elles ne paroistent bien souvent que dans le crépus- «cille. » Cardan emploie contre les Péripatéticiens les mêmesarmes par lesquelles Sénèque combattoit Epigènes Sc Aristote;il en ajoute de nouvelles Sc de plus décisives, que l’expériencen’avoit pas encore fournies à Sénèque.
Cardan conclut : « 11 est donc clair qu’une Comète estun globe placé dans le Ciel Sc éclairé du Soleil : les rayons, «en le traversant, y produisent l'image d’une barbe ou d’une ««queue. Ce globe s’engendre dans le Ciel, si le Ciel peut «souffrir de nouvelles générations : sinon, il faut dire , Sc .«c’tst le sentiment le plus vrai, que le Ciel est plein d’Astres «que nous ne voyons pas. » Voilà le sentiment de SénèqueSc d’Apollonius de Mynde. Cardan devoit s’en tenir là;mais selon lui, ces Astres font invisibles, parce qu’ils fontformés d’une matière extrêmement rare : si l’air vient à /atté-nuer, à le sécher, les rayons que réfléchissent les Comètestrouvent un passage plus libre , Sc parvenant jusqu a nous,ils nous font découvrir les Astres defquels ils font émanés.Cardan en conclut que les Comètes font, non pas la cause,mais du moins le signe de la sécheresse, de la corruption de
(x) Par l’éther , les Philosophes non Péripatéticiens entendoient Pair
Í )ur qu’ils suppoíoient s’étendre au-delà de notre atmosphère jusqu’auximites de >'Uni vers, dans lequel ils faisoient nager le Soleil, les Planètes& les autres corps célestes.