SUR LES COMETES. jff
les observations le vrai mouvement des Comètes. Placés aitcentre du Soleil , nous jugerions des mouvemens célestespar les seules apparences ; ils seroient absolument tels eneux-mêmes, qu’ils nous paroîtroient être. Mais nous observonsle Ciel de dessus la circonférence d’une Planète assujettie àun mouvement perpétuel. Tels , 8c plus sujets encore àl’illusion, qu’un Navigateur qui s’imagine que les terres 8cles villes l’abandonnent, lorsque le Vaisseau qui le porte,s’éloigne seul du rivage , nous attribuons à tous les corpscélestes les mouvemens dont notre Terre est agitée. Si aumouvement de la Terre se joint un mouvement particulierde quelque corps céleste indépendant de la Terre, tel quepeut être celui d’une Planète ; ces deux mouvemens pouvantse combiner d’une infinité de manières, il doit en résulter unmouvement apparent irrégulier de la Planète observée. Ainsiles Planètes nous paroissent tantôt directes , tantôt station-nasses 8c tantôt rétrogrades, quoique la direction de leurmouvement d’occident en orient soit ablolument constante.Les Planètes nous lont visibles dans toutes ses parties de leursorbites, en conséquence, il étoit moins difficile de dépouillerleur mouvement apparent de l’estet optique causé par lemouvement de la Terre : cette soustraction faite, il est restéle mouvement réel 8c vrai de la Planète, tel qu’it seroit vudu centre du Soleil. Mais il n’en est pas de même desComètes ; nous ne pouvons les observer que dans unetrès-petite partie de leur orbite : pour démêler leur mouve-ment réel , la méthode que l’on avoit employée pour lesPlanètes devenoit insuffisante; il sailoit en imaginer unenouvelle. Que ne pouvoit pas l’eíprit universel de Newton?II pense, il réfléchit, il combine ; 8c si ses recherches ne seterminent point à nous faire connoître l’orbite entière desComètes, nous pouvons au moins en déterminer la partiequi est la plus voisine du Soleil , c’est-à-dire, celle qui estfeule à portée de nos observations. L’ellipse que décriventles Comètes est extrêmement alongée : or dans une ellipse*extrêmement alongée, la partie qui est vers un des deux