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lisait ces extraits auThéatins ses disciples. Ce fut alors qu’à l'ins-tigation de ce religieux qui méritait toute ma confiance, et pardéférence pour une de scs sœurs, An gela Gabriela, religieuseau couvent des Cordelières, je me chargeai de composer envers italiens une tragédie de Saint-Alexis , pour être repré-sentée dans le couvent. J’imitai dans cet ouvrage la tragédied’Alcine, de Fulvio Testi . Les bonnes religieuses ne se con-tentèrent pas de représenter ma pièce entr’clles, elles ladonnèrent à la grille en habits tragiques , devant plusieurspersonnes de marque ; ce qui leur attira une forte réprimandede la part du gardien de XAnnonciacla , leur directeur. Maiscela ne les empêcha pas de me prier de vouloir bien leurcomposer une autre tragédie sur Sainte-Catherine ; je n’eusni le tems ni l’envie de les satisfaire. Je composai vers lemême tems des vers italiens en l’honneur du doge Giusti-niani, que le père Dailiesse fit imprimer, et dont l'abbéGiustiniani parle dans son ouvrage cité ci-dessus.
Quelque réputation accjuise dans mes entretiens sur lessciences me procura la connaissance de plusieurs personnesde mérite, entr’autres celle de M. Cosoni, élu depuis cardinaldans la dernière promotion, et celle de INI. S ch arc h a/ieri rdont la maison était hors de la ville, du côté du levant. Nousyallions souvent, et là nous nous exercions à improviser et àdiscourir sur des sujets proposés, la plupart de morale. Lepère Biancla , jésuite, ayant publie sous le nom de CandidusPhilalcthes un livre dans lequel il enseignait qu’en matière demorale on est obligé de rejeter l’opinion la moins probablepour suivre la plus probable, plusieurs théologiens soute-naient qu’il suffisait qu’une opinion eut quelque probabilité,pour que l’on fut maître de l’adopter préférablement à d’autresplus probables encore. Tel fut l’avis du père Stefano Spinola,qui fut depuis évêque de Savonne. Cette question fut fort