DE J.-D. CASS INT.
ûGr
Thomas O de ri go, gentilhomme de Gènes, dont les connais-sances astrologiques venaient d’essuyer un cruel a liront ,qu’avait précédé un grand triomphe. En effet, une tempêteprédite dans un de ces almanachs arriva ponctuellement aujour marqué ; elle fut si furieuse qu’un grand nombre depersonnes courut aux églises pour se préparer à la mort.M ais il lit le tems le plus calme un autre jour pour lequel lemême almanach avait prédit une semblable tempête, dontl’attente avait donné lieu à un grand nombre de particuliersde déserter la ville de Gènes, de peur d’être ensevelis sousses ruines. Le père Noceto profita de ce contre-tems pourconfondre son adversaire. Celui-ci, très-irrilé, publia contrele jésuite un ouvrage intitulé il Cielo aperto, pour lequel leSénat lit enfermer fauteur dans la tour du palais. Le pèreNoceto répondit par une satire en vers italiens, qui com-mençait ainsi :
IL cielo aperlo a chiaso
Il suo spalenccilorc ;
et dont il envoya deux exemplaires aux pères jRiccioli etGrimaldi. Mais ceux-ci n’approuvèrent point cette conduite,disant, comme Kepler, quon peut tolérer qu’une hile follecomme l’astrologie nourrisse une mère sage comme l’astro-nomie , et cpie si le public était persuadé de la vanité del’astrologie, les livres d’astronomie n’auraient plus de débit.
De retour à Gènes , je suivis, à l’instigation de M. Lercaro,les leçons de droit que le docteur Lomellino donnait à plu-sieurs gentilshommes. Je lisais en même tems les ouvrages deMessinger et ceux d ’Oinoctrinus, dont la méthode me pa-raissait très-belle. C’est sur ces entrefaites que l’on m’offrit kGènes un parti très-avantageux 5 mais INI. Lercaro me con-seilla d’attendre un âge plus avancé. Je lis alors connaissanceavec le sénateur Bagliani , auteur de plusieurs beaux ouvrages