DE J.-D. CASSENT.
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j’avais connu à Gènes et qui depuis avait été appelé à Bologne et nommé secrétaire du Sénat , celui-ci m’entretint long-temsdes avantages et des récompenses que les professeurs del’Université obtenaient du Sénat, à proportion de leur mériteet de leurs travaux; il lînit par me conseiller de ne pointnégliger les offres et la protection du sénateur Malvasia, quiavait une grande autorité dans le Sénat ; il me lit même faireconnaissance avec Laurenzio Grimaldi , ami intime de Mal-vasia, h qui celui-ci écrivit aussitôt pour lui faire part de monarrivée.
Le sénateur Malvasia était à la Villa di Pausano procheModène , oii il faisait construire un Observatoire qui devaitêtre garni de plusieurs iustrumens et orné d’une grandequantité de livres d’astronomie; dès qu’il eut reçu la lettrede son ami, il m’envoya chercher et m’accueillit avec les plusgrandes marques de considération. Il avait coutume de faireimprimer tous les ans un Journal astrologique dont il faisaitprésent à ses amis; je lui représentai qu’il serait plus hono-rable de calculer d’après les éphémérides des tables astrono-miques plus modernes, et de laisser à part les prédictionsastrologiques qui n’avaient aucun fondement solide. Ce bonconseil que je lui donnais fut bientôt confirmé par un évè-nement assez singulier qui lui fit reconnaître, que ce n’étaitque par hasard que les prédictions astrologiques avaientquelques succès. Il avait prédit dans son Almanach une grandetempête pour un certain jour , et ce même jour un ouraganet une grêle furieuse ruinèrent les campagnes d’alentour ; lemarquis Malvasia vint me trouver son livre à la main pourme convaincre de la justesse de sa prédiction. Fort bien,lui répondis-je ; mais voyons un peu sur quel fondementvous vous êtes appuyé et repassons les calculs. Ce qui fut faitaussitôt. Mais il se trouva, à ma grande satisfaction, que