DE J.-D. CASSI.M.
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sîonei qui, pour marquer la configuration cio cette comèteavec les étoiles voisines, écrasait des grains de plomb, les re-muant sur le papier autour de la ligure de la comète, jusqu’àce que leur disposition se conformât à celle des astres qui l’en-vironnaient. Mais bientôt la reine de Suède , curieuse de cessortes d’observations, voulut que je les vinsse faire chez elle.Cette princesse, voyant que la comète allait d’un jour à l’autreforlrapidementpar son mouvement propre vers le nord-ouest,me dit quelle imaginait qu’elle allait faire en peu de temsle tour du ciel. Je lui répondis cpie selon mes hypothèsesce mouvement actuel si prompt devait se ralentir jusqu’àdevenir stationnaire et même rétrograder ensuite. Etonnéed’une prédiction aussi singulière, elle m’en demanda le fon-dement, et je le lui expliquai alors de la manière dont je l’aiexposé dans l’ouvrage publié à ce sujet, et qu’elle me permit(le lui dédier. Le Pape Alexandre Y II, ayant appris de son ne-veu que je travaillais à cet ouvrage, me demanda à qui je comp-tais en faire la dédicace; je répondis que l’hommage en étaitdéjà fait à la reine de Suède , ce que Sa Sainteté approuva fort.
3e logeais à la place Colonne chez le marquis Campeggi ,ambassadeur de Bologne . La princesse m’envoyait chercherordinairement apres le dîner avec son carrosse et un page,pour me conduire à la La ai gara, où elle demeurait dans lepalais du marquis lliari. Je passais là plusieurs heures avecelle dans divers entretiens sur les sciences, en attendant lesoir, où la comète commençait à paraitre et où nous l’obser-vions. Comme en présence de S. M. j’avais la tète découverte,elle avait la bonté de me l’envelopper elle-même d’un mou-choir, de peur que l’air de la nuit ne m’incommodât. Presquetous les jours, quelques heures avant l’observation, le cardinalAssolini venait visiter la Reine, et cette princesse se plaisaitinfiniment à nous entendre disputer sur différens points de