VIE
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science. Elle prenait souvent mon parti contre le cardinal.De mon côté, je faisais en sorte de mettre la conversation sui-des matières agréables à Son Eminence. Parlant un jour de laméthode dont Taruntius s’était servi pour déterminer le temsde la naissance de Roinulus, à l’instance de JSlarc-Vcirron ,ce cardinal m’apprit que ce Taruntius , surnommé Firmanus,était son compatriote, c’est-à-dire natif de Fermo .
S. M. ayant fait travailler en vain à un miroir concave deverre, j’en fis venir un très-grand que j’avais chez moi àBologne , et je le laissai entre les mains de la Reine. Je ne saisce qu’il est devenu depuis. Comme cette princesse a fait lecardinal Assolini son héritier, ce miroir doit avoir passéentre ses mains. Je l’ai toujours regretté, ne croyant pas qu’ily en ait eu un, ni plus grand, ni meilleur, de celte matière.J’ai depuis fait travailler en vain pour en avoir de semblables,ils se sont tous cassés. Le plus grand que j’aie pu me procurerdepuis, est celui que j’ai présentement à l'Observatoireroyal.
Au milieu des occupations que me donnaient les affairespubliques, je faisais la nuit des observations astronomiquesavec une excellente lunette que m’avait donnée M. Campani,qui avait communiqué au public la découverte que j’avaisfaite des ombres des satellites de Jupiter sur le disque de cetteplanète 5 ce qui avait engagé d’autres astronomes à les observer.On m’écrivit de Borne que ces Messieurs avaient observé uneombre accompagnée d’une demi-ombre moins obscure. Jerépondis aussitôt que ce qu’ils appelaient demi-ombre, n’étaitautre chose qu’une tache sur le disque de Jupiter , qui faisaitsa révolution autour de son axe en 9 heures 56 minutes : cequi donna lieu à de grands débats sur la première découvertede cette tache. J’écrivis plusieurs lettres à ce sujet à M. l’abbéFalconieri, qui les fit aussitôt imprimer. Comme je commis