DE J.-D. CASSENT
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niquais mes observations à mesure que je les faisais, ainsi quemes prédictions sur les retours de la tache de Jupiter , àM. Fiviani, qui traitait avec moi pour la Toscane dans l'affairede la Cliiane, celui-ci en faisait part à un de ses amis à Flo rence . L’ami voulut s’en faire un mérite vis-à-vis du grand-duc de Toscane , et se donna pour en être l’auteur. Le grand-duc se rendit exprès à Poggio impériale pour observer etvérifier ces prédictions. Mais Oliva, l’un des membres del’Académie ciel Cimento , soutint qu’il n’y avait personne àFlorence capable d’avoir fait cette découverte, et bientôt meslettres à l’abbé Falconieri ayant été imprimées, l’imposturefut reconnue.
Lorsque je revenais à Rome , j’avais de fréquentes confé-rences avec les divers savans qui s’y rencontraient. J’y fis con-naissance avec Jean Luce de Raguse, qui avait trouvé danssa patrie un exemplaire de Pétrone dont 011 n’avait pasencore parlé. 11 y avait une guérite proche du palais où jedemeurais 5 nous y finies ensemble plusieurs observationsastronomiques. Je dînais aussi quelquefois avec le père Fabri,chez M. jFisani, prélat de Bologne , qui avait l’intendance dela maison de l’inquisition proche de Saint-Pierre, et avec quije disputais fréquemment sur différentes hypothèses,
Mes observations le soir étaient souvent honorées de laprésence de Madame la connétable Colonne, qui amenaitavec elle la comtesse Stella , veuve , d’une conversation fortagréable; quelquefois aussi Madame la connétable venaitme prendre dans sou carrosse vers l’entrée de la nuit, etlaissant aller devant les autres voitures qui l’accompagnaient,elle s’arrêtait et descendait dans quelque place pour parcourirle ciel. C’est à cette occasion que je fis en vers italiens ladescription des constellations , qu’elle s’amusa à apprendre
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