VIE
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tude que par les observations des éclipses de lune. Avant meséphémérides , 011 n’avait jamais ainsi observé en meme temset de concert ces sortes d’éclipses ; ce qui prouve qu’il s’enfallait de beaucoup qu’on eut songé à en faire usage. Aussitôtque mes éphémérides parurent, on commença à observer leséclipses de satellites de Jupiter en Italie , en France , en Hollande,en Angleterre et en Pologne , et on les compara ensemble. LeJournal de Paris , du mois de novembre de la même année,rendit à mes éphémérides ce témoignage qu’on les avaitsouvent trouvées plus précises que l’auteur même n’avaitosé le promettre. L’illustre M. Picard s’attacha particuliè-rement à cette sorte d’observations 5 ce qui donna dès-lorsnaissance à ce concert d’observations qui s’établit entre nous,et ne liait qu’à sa mort qui arriva en 1682. Les observationsqu’il fit en 1668, publiées dans le journal, peuvent servirpour trouver immédiatement l’époque du mouvement de cessatellites.
Je partis de Rome le i 5 octobre 1668, comblé d’honneurset de grâces par le Pape Clément IX, et je pris le chemin deFlorence avec Madame l’ambassadrice de Bologne . Je trouvaisur les confins de l’Etat ecclésiastique plusieurs personnesqui m’y attendaient pour recevoir les instructions que j’avaisà donner sur l’exécution des traités qui venaient d’être conclusavec la Toscane . Je continuai ensuite ma route jusqu’à Flo rence , où j’arrivai le 20 de bon matin. Madame l’ambassa-drice ne voulut point s’arrêter dans la ville, passa outre, etalla m’attendre à l’autre porte. Pour moi, j’allai rendre mesrespects au grand-duc, qui fit aussitôt venir M. Viviani etM. Auzout , l’un de ceux cpii avaient été choisis par l’Aca démie , qui m’avait apporté des lettres de France et le plande l’Observatoire royal que le Roi de France faisait construirepour les observations astronomiques, et dans lequel il me