DE J.-D. CAS S INI.
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parut que l’on avait eu pour le moins autant d’égards à lamagnificence qu’à la commodité pour les observations. Bienavant mon départ de Rome , j’avais appris avec une agréablesurprise de M. Vaillant, médecin et antiquaire célèbre , queS. M. Louis XIV désirait me faire venir en France ; et pres-qu’en même tems j’avais été averti par des lettres du marquisMarsigli, sénateur de Bologne , que le comte Gratiani,premier ministre du duc de.Modène, était chargé de négo-cier cette affaire. J’avais su par la suite que cet ordre venaitdu cardinal d’Estrée, qui ne voulait pas paraître dans cettenégociation de peur de déplaire au Pape, qui m’employait àson service. En effet, j’avais bientôt après reçu des lettresd’invitation sur ce sujet de la part du comte Gratiani,auquel j’avais répondu qu’une proposition aussi honorablene pouvait m’être que très-agréable ; mais qu’étant employéau service du Pape pour des négociations importantes, je 11epouvais m’absenter, et qu’il fallait que la demande de moucongé fût faite directement à Sa Sainteté par l’ordre du Roide France . En conséquence, ce fut M. de Bourlemont, alorsauditeur de Rote, qui eut la commission, dans l’absence del’ambassadeur de France , de traiter cette affaire vis-à-vis duSaint-Père.
De retour à Bologne , j’appris que le Pape avait consenti àmon voyage en France . Sa Sainteté même eut la bonté d’or-donner que les émolumens de mes charges me fussent con-servées pendant mon absence, qui ne devait être d’abordque de quelques années. Le Sénat de Bologne voulut bienégalement me conserver ma chaire d’astronomie ; mais par lasuite, lorsque je vis que ma résidence en France se prolongeait,je ne voulus plus en toucher les émolumens. Quant à mesappointemens de la place d’intendant des eaux et des fortifica-tions, je les reçus jusqu’au pontificat d’innocent XI, quisupprima cette place en 1677.