Buch 
Mémoires pour servir à l'histoire des sciences et à celle de l'observatoire de Paris / J. D. Cassini
Entstehung
Seite
288
JPEG-Download
 

2 8S VIE

M. (le Colbert , ministre et secrétaire dEtat, pressantvivement mon départ, et mayant envoyé une somme de.mille écus pour mon voyage, avec lassurance dune pensionannuelle de 9000 livres pendant mon séjour en France , jepartis de Bologne le 25 février 1G69. J e passai par le fortUrbain, pour achever une expérience que javais précédem-ment commencée sur une fontaine qui sort dun puits et quicoule perpétuellement, ainsi quil arrive en plusieurs autresendroits de Bologne et de Modène . Après avoir creusé unpuits et trouvé la première eau, 011 la tire promptement et oncontinue à creuser jusquà ce que lon trouve une terreglaise, que lon voit enfin se soulever de bas en haut parlimpulsion de leau qui est au-dessous et sefforce de sélever.Alors on perce le terrain avec une large tanière qui donnesortie àleau, laquelle remplit aussitôt le puits et coule ensuiteperpétuellement sur terre. Javais fait ainsi élever de leau surterre à la hauteur dun homme, d elle descendait dans unbassin destiné à abreuver des chevaux. Je voulus éprouver sije ne pourrais pas lélever encore plus haut. Jy appliquai unlong tuyau de plomb percé de plusieurs trous égaux, etéloignés dun pied les uns au-dessus des autres. En tenant letuyau dressé perpendiculairement, je vis leau sélever etsortir par le premier trou ; je mesurai en combien de secondesleau remplissait ma vase en sortant de ce trou, Puis, ayantbouché ce premier trou, et leau sétant «levée au second,jobservai quelle mettait plus de tems à remplir le même vase.Je bouchai encore celui-ci, et leau, sortant par le troisièmetrou, lut encore plus de tems à remplir le vase; et je vis quejaurais pu élever leau encore plus haut, mais avec un ralen-tissement considérable découlement,

Je passai à Modène , Madame la duchesse, mère de lareine dAngleterre, mhonora de plusieurs lettres de recom-mandation. De, je me rendis à Gênes je fus reçu par