DE J.-D. CASSOÏ.
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M. Impériale Lercaro. I)e Gènes, je me rendis par mer àSan-Pemo, ensuite à Perinaldo, où il me fallut resterquelques jours pour la satisfaction de mon père et de mamère. Je repartis au commencement du carême, passai parNice , par Aix, et arrivai à Lyon où j’allai voir le père Fabri,jésuite célèbre, avec lequel j’avais eu plusieurs conférences àRome . Ma visite lui fut d’autant plus agréable qu’on lui avaitfait entendre que je n’avais pas bien reçu quelques écrits qu’ilavait publiés à mon sujet : mais je lui témoignai que la diver-sité de sentimens en matière de science n’était pas capablede me détacher des amis que j’estimais et honorais. Jetrouvai aussi à Lyon le père Paul de Reims , capucin quivenait de Candie, et je liai avec lui une amitié qui a duréjusqu’à sa mort.
J’arrivai à Paris le 4 avril et fus présenté au Roi, le 6, parM. de Colbert , ministre et secrétaire d’Etat. S. M. me litl’honneur de me dire quelle était persuadée que je donneraistous mes soins pour l’avancement des sciences, et elle me fîtentendre que son dessein était de rendre la France aussiflorissante et aussi illustre par les lettres quelle l’était par lesarmes. Je me trouvai si flatté des bontés de S. M. et de lamanière dont elle me traita, que je ne songeai plus dès-lorsà mon retour en Italie , où j’avais laissé une maison et desdomestiques, tant à Rologne qu’au fort Urbin , sous la con-duite de M. Monti. J’allai à l’assemblée qui se tenait à labibliothèque du Roi, et j’y fus reçu très-agréablement parAL Carcavi et AL l’abbé Gallois, qui en était le secrétaire;celui-ci m’avait très-bien traité dans les divers Journaux desSavans qu’il publiait régulièrement. Je reçus aussi de grandeshonnêtetés de la part de AL Picard, de Al. IIuygeus, avecqui j’avais été précédemment en commerce de lettres; deAI. Muriotte , qui s’attachait aux expériences physiques et
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