VIE
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l'évêque de Meaux , son précepteur, à lui faire connaître lesobjets les plus remarquables du ciel.
M. cle la Chambre et le père Grandami , jésuite, se trou-vèrent chez M. le chancelier Séguier, lorsque j’y fus appelépour l’entretenir. 11 y eut une conversation très-savante Taprès laquelle M. le chancelier me reconduisit avec les hon-neurs et une distinction qui n’étaient réservés qu’à de grandspersonnages.
Au bout de quelque tems de mon séjour en France ,M. Bargellini, nonce du Pape, me dit qu’il avait ordre deSa Sainteté de me redemander au Roi. Je répondis que l’affairepour laquelle j’avais été appelé en France n’était pas terminée.J’écrivis aussitôt à M. de Colbert pour lui témoigner la dispo-sition oii j’étais de continuer mes services pour S. M. M. deColbert me répondit bientôt qu’il en avait parlé au Roi, quidonnerait au nonce une réponse conforme à mes désirs.
Je m’étais proposé d’écrire et de parler latin aux assembléesde l’Académie . J’avais été averti par M. le comte Gratiani yenvoyé du due de Modène , de ne jamais me hasarder à parlerni à écrire en français ; en conséquence, je ne parlais qu’enitalien au Roi et aux princes. Mais MM. de l’Académie me pressèrent fortement de parler bien ou mal en français ,pour ne pas introduire un langage nouveau dans l’Académie-J’avoue que cela me coûta beaucoup dans le commencement.ÜNéanmoins, }c lis ce que je pus pour les satisfaire, tellementqu’au bout de pende mois, m’étanttrouvé à l’Observatoire avecle Roi, S. M. eut la bonté de me faire compliment des progrèsque j’avais laits dans la langue française . Cependant j’écrivisen latin les premières observations que je lis à Paris des tachesdu soleil; mais l’Académie n’ayant pas jugé à propos de lespublier ainsi, elles furent traduites en français par M. Carcavid’une manière qui ne me satisfit pas beaucoup; ce qui me