2 9 8 VIE
pas plus longue ; elle nous servit néanmoins à reconnaître quece que Galilée avait avancé de la situation de leurs cerclessur le plan de l’écliptique n’était pas conforme aux observa-tions , ayant trouvé (pie de mon tems ce cercle des satellitesétait fort incliné à l’écliptique. Ayant déterminé leur incli-naison et leurs nœuds , je supposai d’abord qu’au tems deGalilée ils avaient eu la situation qu’il avait publiée, etquelle avait changé par un mouvement des nœuds et parune variation de déclinaison. Mais, par la suite de mes obser-vations, je vis que le mouvement que j’avais attribué à cesnœuds pour concilier les observations de Galilée avec lesmiennes ne leur convenait point, et je fus obligé de les sup-poser plutôt fixes dans le meme degré où je les avais trouvésdans le commencement, c’est-à-dire au i 3 * degré d’Aquariuset du Lion , et l’inclinaison des cercles de ces satellites àl’orbite de Jupiter de 3 degrés moins quelques minutes.
Dans les éphémérides que j’avais données an public en1668, dédiées au cardinal Rospigliosi 3 je n’avais employéque mes observations et quelques-unes de Ho (lient a, sicilien,qui s’accordaient assez bien avec les miennes. Elles avaient étécommuniquées par M. Bagliani, envoyé de Gènes en France ,aux mathématiciens cpii commençaient à s’assembler à la bi-bliothèque du Roi pour fonder l’Académie royale des Sciences.Ils comparèrent ces éphémérides à leurs observations qu’ilsme firent passer, d’où nous commençâmes à tirer la diffé-rence des longitudes géographiques. Car, quoique Galilée eûtjugé par la vitesse des mouvemens de ces satellites qu’ils ser-viraient à trouver les longitudes, et qu’il eût reçu pour leurdécouverte quelque gratification des Hollandais, qui luienvoyèrent un de leurs mathématiciens pour l’aider à ce tra-vail, néanmoins la perte qu’il fit de la vue ne lui permit pasd’achever les observations qui lui étaient encore nécessaires.