DE J.-D. CASSINI.
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M. Peiresc, dont Gassendi a écrit la vie, envoya un obser-vateur du Levant pour tacher de faire des observations quiservissent à ce dessein ; mais il 11e sut pas comment s’y prendreni quelle phase il fallait observer. Ainsi les observations quenous finies de concert avec MM. Picard et Hujgens , aprèsla publication de mes tables, furent les premières qui servirentà déterminer les longitudes entre les lieux de nos observations.
Les phases les plus propres pour déterminer les longitudesgéographiques sont les immersions des satellites dans l’ombrede Jupiter et leurs émersions de l’ombre. Elles peuvent sedéterminer à quelques secondes près. Les immersions etémersions, sur le disque même de Jupiter, ne se déterminentpas avec autant de subtilité. J^e commencement de l’entréedu satellite sur le disque se détermine plus facilement quel’entrée totale; et la sortie totale, ou le contact extérieur desbords des deux planètes, se détermine plus facilement que lecommencement de la sortie. L’ombre d’un satellite, projetéesur le disque de Jupiter, se détermine mieux quand ellearrive au milieu que quand elle entre sur ce disque ou quandelle en sort.
Nous commençâmes à découvrir ces ombres à Rome l’an recouverte1664, par une lunette de Campani , qui en donna la figure des sàtluTtL dc *au public avec l’explication que nous finies aussitôt. Invité de Jupiter ‘un jour par cet habile opticien à venir à Monte Citorio voirJupiter avec plusieurs personnes de distinction qui devaients’y trouver pour éprouver ses lunettes, aussitôt que je vis cetastre j’aperçus sur son disque deux taches qui, étant comparéesà la configuration des satellites résultante de celle que j’avaisobservée le jour précédent, me firent connaître cpie c’étaientles ombres des deux satellites qui parcouraient le disquede Jupiter exposé à notre vue, et dont on ne voyait point lecorps. J’attendis jusqu’à ce que je visse ces deux satellites