DE J.-D. CASSINI.
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coulait de source et se répandait sur tout. Ami, du commercele plus facile, père de famille adorable, académicien aimantsincèrement tous ses confrères, et aimé universellement detous , il avait su cacher sa supériorité sous sa douceur,dépouiller la science de toute son enflure, et nôtre docte cpiepar religion. Quelle perte que celle d’un si grand homme, s’ilne nous avait laissé un fils et un neveu en qui nous le voyonsdéjà renaître! Je ne m’étendrai pas sur leur éloge, leursouvrages le feront mieux que moi. Je n’entreprendrai pasnon plus le vôtre, Monsieur, à moins que vous ne vouliez meprêter le talent de vous louer aussi dignement que vous savezlouer les autres.
Note lue à la rentrée publique ciel’ Académie, le i3 novembre1 y ÿb, par M. le marquis de Condorcet , secrétaire.
M. Le Moine présente à l’Académie le buste de J.-D.Cassini. Nous devions déjà ceux de Descartes et de Fonte-nelle à cet artiste célèbre, si digne de transmettre à la posté-rité les traits de nos grands hommes, par le noble enthou-siasme que leur génie excite en lui. On a observé il y a long-teins que ce sentiment ne se trouve presque jamais que dansles hommes qui unissent des vertus à de grands talens; etceux qui connaissent la personne et les ouvrages de M. LeMoine savent qu’il est bien loin de démentir cette observation.
Descartes avait renoncé à son pays pour cultiver la philoso-phie avec plus de liberté. M. Cassini quitta le sien, parcequ’il regarda le pays où l’astronomie était le plus encouragéecomme sa véritable patrie. Il savait qu’en Italie ce n’est pasune exclusion pour les places importantes que d’avoir perfec-tionné la raison par l’étude des sciences, que souvent mêmeelles ont été un moyen de s’élever à ces places. Il savait qu’il