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le mauvais tems ou une absence forcée lui ont fait manquer.Ï1 ne les a pas observées moins assidûment à Perinaldo, depuis1770 jusqu’en 1785, où ses infirmités ne lui permirent plusaucun genre d’occupation.
11 faut en convenir; de toutes les observations astrono-miques, celles des éclipses de satellites sont les plus péniblesà suivre. Elles n’ont lieu que la nuit, à des heures toutesdifférentes', elles sont fréquentes, et fatigantes pour la vue.Mais, observer pendant les nuits, calculer pendant le jour,passer alternativement et pour se délasser de la contention del’esprit aux fatigues du corps ; telle est la vie de l’astronome.11 doit, de plus, ne se rebuter jamais ni des veilles, ni despréparatifs perdus, ni des voyages, ni des dangers, ni dessacrifices qu’un léger nuage, un simple brouillard peuventrendre inutiles; enfin, il faut quà de vrais talens il réunissela force, le courage et la patience. Voilà sans doute ce quidoit faire distinguer l’astronome des autres savans ; voilà cequi doit rendre plus rares et plus précieux ceux qui ont lesqualités nécessaires pour se livrer à l’astronomie. M. Maraldiles avait toutes, et il eut l’occasion d’en faire usage dans unautre genre de travail qui 11’en exige pas moins.
Pendant huit années consécutives, de 1782 à 1740? il futassocié à son cousin Cassini de Thury , dans la descriptiontrigonométrique des côtés et des frontières de la France , ainsique dans le tracé de ces méridiens, de ces parallèles et de ces‘ perpendiculaires cpii traversèrent le royaume dans tous lessens, et qui, liés ensemble par une chaîne continue de quatrecents triangles, appuyés sur dix-lmit bases, formèrent lecannevas de la grande carte générale de la France , en 180feuilles, qui a été publiée depuis. Cette carte, le plus grandmonument élevé à la géographie, et le modèle de tous lestravaux de ce genre, dont l’entreprise hardie a été poursuivie